
- La micro-entreprise (micro-BNC) reste le bon point de départ pour une créatrice OnlyFans ou MYM : cotisations de 25,6 % des recettes en 2026, abattement de 34 %, plafond de 83 600 € de recettes.
- Une société (EURL ou SASU) ne devient intéressante que lorsque deux conditions se cumulent : des frais réels supérieurs à l'abattement et des revenus que vous n'avez pas besoin de sortir intégralement.
- En société à l'IS, le bénéfice est imposé à 15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 % ; les dividendes subissent ensuite la flat tax, portée à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026.
- Entre 2 000 et 5 000 € par mois, la micro-entreprise l'emporte le plus souvent ; à partir de 10 000 € par mois, le plafond est dépassé, le régime réel s'impose et la société devient le bon outil.
- Une société a un coût (expert-comptable, comptes annuels à déposer, rigueur bancaire) qui ne se justifie que par une économie ou une protection réelle.
Textes et chiffres vérifiés au 27 juillet 2026. Les sources sont citées en fin d'article.
« OnlyFans : micro-entreprise ou société ? » est la question que nous entendons le plus souvent après « faut-il déclarer ? ». Notre réponse : la micro-entreprise pour commencer, la société quand les chiffres l'imposent, jamais l'inverse. Le reste dépend des seuils, de vos frais réels et de la façon dont vous voulez vous payer. Les comparaisons qui suivent utilisent les taux 2026, à trois niveaux de revenus, avec le coût de chaque bascule. Pour les bases de la déclaration, lisez d'abord notre guide pour déclarer ses revenus OnlyFans ou MYM.
Le point de départ : la micro-entreprise
Une créatrice OnlyFans ou MYM qui démarre relève des bénéfices non commerciaux (BNC). En micro-entreprise (l'ancien statut d'auto-entrepreneur), tout se calcule sur les recettes encaissées, c'est-à-dire ce que la plateforme vous verse après sa propre commission. Les cotisations sociales s'élèvent à 25,6 % des recettes depuis le 1er janvier 2026 pour une activité libérale non réglementée (décret n° 2025-943 du 8 septembre 2025). L'impôt sur le revenu se calcule sur les recettes diminuées d'un abattement forfaitaire de 34 %, ou par un versement libératoire de 2,2 % si votre revenu fiscal de référence le permet.
Le régime a deux limites. La première est le plafond : 83 600 € de recettes annuelles pour les prestations de services et activités libérales, applicable de 2026 à 2028 (article 102 ter du CGI). S'il est dépassé deux années de suite, vous passez au régime réel. La seconde est plus sournoise : l'abattement de 34 % est le seul « frais » que l'administration vous reconnaît. Une créatrice qui reverse 30 % à une agence, achète du matériel, loue un studio et se déplace peut avoir 50 % de frais réels. En micro, ils n'existent pas.
L'entreprise individuelle au réel : la case que tout le monde oublie
Entre la micro-entreprise et la société, il existe une troisième voie, rarement évoquée : rester en entreprise individuelle, mais au régime réel des BNC, dit régime de la déclaration contrôlée. Vous êtes imposée sur le bénéfice réellement réalisé, recettes moins frais justifiés, et non sur un forfait. L'option se demande à l'administration et se reconduit chaque année ; elle devient obligatoire au-dessus du plafond de 83 600 €.
Ce régime suppose une comptabilité (recettes, dépenses, immobilisations) et une déclaration annuelle de résultat, donc en pratique un expert-comptable. En échange, la commission d'agence, le matériel, les déplacements, les abonnements et les frais bancaires sont déduits. Pour une créatrice dont les frais dépassent nettement 34 % des recettes et qui n'a pas besoin d'une société pour autre chose, c'est souvent la bascule la plus rentable : le statut social et l'impôt sur le revenu restent les mêmes, seule l'assiette change.
EURL ou SASU : ce qui change vraiment
La société ajoute une personne juridique entre vous et l'activité.
L'EURL relève par défaut de l'impôt sur le revenu : le bénéfice est imposé entre vos mains, dans la catégorie BNC, avec option possible pour l'impôt sur les sociétés. Sa gérante associée unique cotise comme travailleuse indépendante, avec des cotisations minimales même sans rémunération.
La SASU relève par défaut de l'IS, avec une option temporaire pour l'IR limitée à cinq exercices. Sa présidente est assimilée salariée : cotisations du régime général sur la rémunération versée, sans assurance chômage, et aucune cotisation si aucune rémunération n'est versée.
À l'IS, le bénéfice de la société est imposé à 15 % jusqu'à 42 500 €, puis à 25 % (article 219 du CGI), à condition que le chiffre d'affaires reste inférieur à 10 millions d'euros et que le capital soit détenu à 75 % au moins par des personnes physiques. Ce qui reste après l'IS peut rester dans la société, être réinvesti ou vous être distribué.
La société ne change rien à la TVA ni à DAC7 : la plateforme continue de déclarer au fisc les revenus versés, et la TVA sur les revenus de plateforme se traite comme en entreprise individuelle.
Comparaison à 2 000, 5 000 et 10 000 € par mois
Le tableau donne des ordres de grandeur, pas une simulation. Il retient les taux 2026 (cotisations micro de 25,6 %, abattement de 34 %, IS à 15 % puis 25 %, flat tax à 31,4 %) et ignore votre situation familiale, la CFE, les frais de comptabilité et vos autres revenus.
| Recettes annuelles | Micro-entreprise | Entreprise individuelle au réel | Société (EURL ou SASU) |
|---|---|---|---|
| 24 000 € (2 000 €/mois) | Environ 6 100 € de cotisations ; impôt faible ou nul selon le foyer | Rarement utile, sauf frais très élevés | Coûte plus qu'elle ne rapporte |
| 60 000 € (5 000 €/mois) | Environ 15 400 € de cotisations ; impôt sur 39 600 € | Intéressante si les frais réels dépassent 20 000 € | Intéressante seulement si vous n'avez pas besoin de tout sortir |
| 120 000 € (10 000 €/mois) | Plafond dépassé : régime réel obligatoire | Possible, mais tout le bénéfice reste imposé à votre nom | Le bon outil : charges déduites, rémunération pilotée, trésorerie conservée |
Prenons 60 000 € de recettes et 20 000 € de frais réels. En micro, vous payez des cotisations sur 60 000 € et l'impôt sur 39 600 €, sans tenir compte de vos frais. Dans une société à l'IS qui distribuerait tout en dividendes, le bénéfice de 40 000 € supporterait l'IS à 15 %, puis le solde la flat tax à 31,4 % : le total n'est pas très éloigné de la micro, et il n'ouvre aucun droit à la retraite. La société ne devient intéressante que si vous laissez une partie du bénéfice dedans, ou si vos frais réels sont bien plus élevés. Nous faisons ce calcul avec un expert-comptable partenaire avant toute création.
Salaire ou dividendes : la question qui suit
Une fois en société, il faut se payer, et deux voies existent. La rémunération de dirigeante est déductible du résultat de la société, supporte des cotisations sociales (indépendante en EURL, assimilée salariée en SASU) et l'impôt sur le revenu au barème. Elle ouvre des droits : maladie, retraite, indemnités journalières.
Les dividendes sont prélevés sur le bénéfice après IS. Depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique est de 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 ayant porté la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %. L'option pour le barème progressif reste possible. Les dividendes n'ouvrent aucun droit social.
Le « tout-dividendes » vendu sur les réseaux est donc, dans la plupart des cas, un mauvais calcul : IS puis 31,4 %, sans retraite ni couverture. Mieux vaut un dosage, revu chaque année, entre une rémunération qui ouvre des droits et des dividendes qui complètent.
Ce que coûte une société
Avant de créer, comptez ce qui ne se voit pas sur TikTok. Un expert-comptable, parce qu'une société tient une comptabilité complète et établit des comptes annuels et des liasses fiscales. Des comptes à approuver puis à déposer au greffe chaque année via le guichet unique, avec une option de confidentialité pour les petites sociétés et des sanctions en cas de non-dépôt. Un compte bancaire professionnel au nom de la société, ce qui, dans notre secteur, est un sujet en soi : notre guide sur le compte bancaire bloqué explique pourquoi. Des statuts, un capital, une adresse de domiciliation, une assemblée annuelle même seule.
Aucune de ces charges n'est rédhibitoire. Elles représentent un coût fixe, lourd à 2 000 € par mois, dilué à 10 000 €. Le bon moment pour basculer se calcule donc avec vos chiffres, pas avec ceux d'une vidéo.
Quand la holding a un sens
La holding est une société qui détient votre société d'exploitation. Elle se justifie quand vous voulez accumuler et réinvestir sans passer par des dividendes personnels, quand vous préparez une cession de l'activité, ou quand vous structurez une agence avec plusieurs entités. Le régime des sociétés mères (articles 145 et 216 du CGI) permet à la holding de recevoir les dividendes de sa filiale en n'étant imposée que sur une quote-part de frais et charges de 5 %, à condition de détenir au moins 5 % du capital et de conserver les titres deux ans.
Pour une créatrice seule à 5 000 € par mois, la holding est un montage de trop : deux comptabilités, deux dépôts de comptes, deux comptes bancaires, pour un gain nul tant que l'argent finit de toute façon sur votre compte personnel. Elle prend son sens au-delà, et surtout pour les agences. Si vous dirigez une agence, la page agences et managers décrit ce que nous structurons.
Les trois questions avant de basculer
Avant de créer quoi que ce soit, répondez à trois questions. Vos recettes dépassent-elles ou vont-elles dépasser 83 600 € par an ? Vos frais réels sont-ils nettement supérieurs à 34 % de vos recettes ? Avez-vous besoin de sortir tout ce que vous gagnez chaque mois ? Un oui à la première impose la bascule ; un oui à la deuxième la justifie ; un non à la troisième la rend rentable. Deux réponses défavorables sur trois : restez en micro, déclarez proprement, gardez vos relevés de plateforme, et reposez-vous la question dans un an. Nous faisons ce point en quinze minutes, gratuitement, avec vos chiffres réels : rendez-vous sur la page créatrices et créateurs.
Questions fréquentes
Une créatrice OnlyFans peut-elle rester auto-entrepreneur ?
EURL ou SASU pour une créatrice OnlyFans ?
Les dividendes sont-ils moins taxés qu'un salaire ?
À partir de quel revenu OnlyFans faut-il créer une société ?
Sources et textes cités
- Micro-entreprise : que se passe-t-il quand le seuil de chiffre d'affaires est dépassé ? (seuils 2026 : 83 600 € et 203 100 €) economie.gouv.fr, mis à jour le 25 février 2026
- Micro-entreprises, quel est le montant de vos cotisations sociales ? (25,6 % pour les activités libérales non réglementées en 2026) economie.gouv.fr ; décret n° 2025-943 du 8 septembre 2025
- Micro-entreprise, régime réel et régime de la déclaration contrôlée : les 3 régimes d'imposition des entreprises economie.gouv.fr
- L'impôt sur les sociétés, comment ça marche ? (taux normal 25 %, taux réduit 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice) economie.gouv.fr, mis à jour le 22 avril 2026 ; article 219 du CGI
- IS - Taux réduit applicable au bénéfice des petites et moyennes entreprises - Modalités d'application BOFiP, BOI-IS-LIQ-20-20
- Impôt sur le revenu - Revenus d'épargne et de placement - Revenus 2026 (prélèvement forfaitaire unique : 12,8 % + 18,6 %) Service-Public, mis à jour le 15 avril 2026 ; loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026
- Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) : ce qu'il faut savoir Service-Public Entreprendre, mis à jour le 21 février 2026
- Fiscalité de la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) : ce qu'il faut savoir Service-Public Entreprendre
- Cotisations sociales d'une société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) Service-Public Entreprendre, mis à jour le 21 février 2026
- IS - Produits de participation reçus dans le cadre du régime fiscal des sociétés mères et filiales - Conditions relatives aux participations BOFiP, BOI-IS-BASE-10-10-10-20 ; articles 145 et 216 du CGI
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un conseil adapté à votre situation. OFM Legal n'est pas un cabinet d'avocats : les actions en justice sont portées par nos avocats partenaires.








