Fiscalité & expatriation

Déclarer ses revenus OnlyFans ou MYM aux impôts en 2026.

Revenus OnlyFans et MYM : imposables dès le premier euro. Cotisations de 25,6 %, case 5HQ, abattement de 34 %, DAC7 : comment déclarer en 6 étapes en 2026.

Par Olivier MaciejewskiMis à jour le 22 septembre 202614 min de lecture
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L'essentiel
  • Les revenus OnlyFans et MYM sont imposables en France dès le premier euro : il n'existe aucun montant en dessous duquel on peut se dispenser de les déclarer.
  • En micro-entreprise, vous payez 25,6 % de cotisations sur vos recettes en 2026, puis l'impôt sur le revenu après un abattement de 34 %, en reportant vos recettes case 5HQ de la déclaration 2042 C PRO.
  • Le régime micro s'applique tant que les recettes ne dépassent pas 83 600 € deux années de suite, et la franchise de TVA couvre les recettes jusqu'à 37 500 € (tolérance 41 250 €).
  • Depuis DAC7, OnlyFans, MYM et les autres plateformes transmettent chaque année vos revenus à l'administration fiscale, qui les compare à votre déclaration.
  • Une activité jamais déclarée peut être reprise sur 10 ans, avec une majoration de 80 % : régulariser avant un contrôle coûte nettement moins cher.

Textes et chiffres vérifiés au 22 septembre 2026. Les sources sont citées en fin d'article.

Oui, il faut déclarer ses revenus OnlyFans ou MYM dès le premier euro : en France, aucun seuil ne vous en dispense. En micro-entreprise, vous déclarez vos recettes à l'URSSAF chaque mois ou chaque trimestre, avec 25,6 % de cotisations en 2026, puis une fois par an sur la déclaration 2042 C PRO, case 5HQ, où le fisc applique un abattement de 34 % avant de calculer l'impôt. Depuis DAC7, OnlyFans et MYM transmettent eux-mêmes vos revenus à l'administration, qui les compare à ce que vous déclarez.

Les chiffres 2026 à connaître

RègleChiffre en 2026Texte
Seuil de dispense de déclarationAucun : dès le premier euroRevenus d'activité indépendante
Cotisations sociales (micro-BNC)25,6 % des recettes (+ 0,2 % de contribution à la formation professionnelle)Décret n° 2025-943 du 8 septembre 2025
Abattement pour frais (micro-BNC)34 % des recettesRégime déclaratif spécial
Versement libératoire (sur option)2,2 % des recettesSous condition de revenu fiscal de référence
Plafond de la micro-entreprise83 600 € de recettes par an, sortie après deux années de dépassementArticle 102 ter du CGI
Franchise en base de TVA37 500 € (tolérance 41 250 €)Article 293 B du CGI
Compte bancaire dédiéObligatoire au-delà de 10 000 € de recettes deux années de suiteService-Public
Case de la déclaration annuelle5HQ ou 5TE avec versement libératoire (déclarant 1), 5IQ ou 5UE (déclarant 2)Formulaire 2042 C PRO
Intérêt de retard0,20 % par moisArticle 1727 du CGI
Majorations10 %, 40 % ou 80 %Articles 1728 et 1729 du CGI
Délai de reprise du fisc3 ans, 10 ans si activité occulteArticle L169 du LPF

Faut-il déclarer ses revenus OnlyFans ?

Oui. Tout ce qu'une plateforme vous verse est un revenu d'activité : abonnements, contenus vendus à l'unité (PPV), pourboires, messages payants, lives. Étudiante, salariée par ailleurs ou créatrice occasionnelle, la règle est la même : le revenu est soumis aux cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu dès le premier euro encaissé.

Le montant à déclarer est celui que la plateforme vous verse, après sa propre commission (20 % chez OnlyFans) et avant les frais que vous engagez. Si une agence prélève sa commission avant de vous reverser le reste, c'est en principe le versement de la plateforme qui forme votre chiffre d'affaires, et la commission d'agence est une charge, sauf montage particulier prévu au contrat. Faites vérifier ce point : il modifie le résultat, et c'est ce montant brut que la plateforme transmet au fisc. Les payouts reçus en dollars se convertissent en euros à leur date d'encaissement.

Le fisc a de plus en plus souvent ces chiffres. La directive DAC7 (directive (UE) 2021/514 du 22 mars 2021, transposée aux articles 1649 ter A et suivants du code général des impôts) oblige les plateformes à déclarer chaque année l'identité et les revenus de leurs vendeurs, pour les opérations réalisées depuis le 1er janvier 2023. OnlyFans, établie au Royaume-Uni, doit, faute d'échange activé avec la France, déclarer ses vendeurs européens dans un État membre, qui les transmet à la France. Le détail figure dans notre article sur ce qu'OnlyFans et MYM déclarent au fisc avec DAC7. Un écart entre ce montant et votre déclaration peut déclencher une demande d'explication, puis un contrôle.

Quel montant peut-on gagner sans déclarer ?

Aucun. La confusion vient de trois seuils qui n'ont rien à voir avec l'obligation de déclarer.

Le premier est la franchise de TVA : en dessous de 37 500 € de recettes en 2026, vous ne facturez pas de TVA, mais vous déclarez tout à l'URSSAF et au fisc. Le deuxième est le plafond de 83 600 € de la micro-entreprise : dépassé deux années de suite, il fait passer au régime réel, et il ne fixe rien d'autre que le régime fiscal. Le troisième est la tranche à 0 % du barème de l'impôt sur le revenu, fixée à 11 600 € par part pour les revenus 2025 par la loi de finances pour 2026. Ce seuil vise le revenu imposable par part, après l'abattement de 34 %, pas les recettes : avec cet abattement et la décote, une personne seule sans autre revenu reste non imposable bien au-delà de 11 600 € de recettes. Elle doit pourtant déclarer ses recettes et payer ses cotisations sociales, qui sont dues dès le premier euro.

Ne pas déclarer parce que « ça ne fait pas grand-chose » est le raisonnement qui coûte le plus cher : une activité jamais déclarée est une activité occulte au sens de la loi fiscale, avec les conséquences décrites plus bas.

Comment déclarer ses revenus OnlyFans aux impôts ?

La micro-entreprise (l'ancien auto-entrepreneur) est la voie de la quasi-totalité des créatrices qui démarrent. Elle suppose deux déclarations distinctes : vos recettes à l'URSSAF au fil de l'année, pour les cotisations, et une déclaration annuelle aux impôts, pour l'impôt sur le revenu.

Déclarer ses revenus OnlyFans en 6 étapes

  1. Déclarez votre début d'activité sur le guichet unique des formalités d'entreprises, géré par l'INPI. La démarche est gratuite, l'activité relève des bénéfices non commerciaux (BNC) et vous recevez un numéro SIRET.
  2. Choisissez une déclaration mensuelle ou trimestrielle de vos recettes auprès de l'URSSAF et décidez si vous optez pour le versement libératoire de l'impôt.
  3. Tenez un livre des recettes : date, plateforme et montant de chaque payout, avec les relevés correspondants, conservés dix ans. Au-delà de 10 000 € de recettes deux années civiles de suite, un compte bancaire dédié à l'activité devient obligatoire.
  4. Déclarez et payez vos cotisations sur le site de l'URSSAF dédié aux auto-entrepreneurs : 25,6 % des recettes encaissées sur la période en 2026, déclaration à zéro comprise si vous n'avez rien perçu.
  5. Au printemps suivant, reportez le total annuel de vos recettes sur la déclaration 2042 C PRO, case 5HQ, ou case 5TE si vous avez opté pour le versement libératoire (cases 5IQ et 5UE si l'activité est celle du déclarant 2). Vos revenus 2026 se déclarent au printemps 2027.
  6. Avant de valider, comparez ce total au relevé annuel de chaque plateforme : c'est lui que DAC7 transmet. Un écart s'explique avant le dépôt, pas après.

Avec ou sans versement libératoire

Sans option, l'impôt se calcule sur 66 % de vos recettes (après l'abattement de 34 %), ajoutés aux autres revenus du foyer et soumis au barème progressif. Avec le versement libératoire, vous payez 2,2 % de vos recettes en même temps que vos cotisations, et c'est terminé pour l'impôt sur ces revenus. L'option est réservée aux foyers dont le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année reste sous un plafond fixé par part. Elle est en général avantageuse dès que le foyer est imposé à 11 % ou plus (2,2 % des recettes, contre 11 % de 66 % des recettes, soit 7,26 %), et inutile, voire plus coûteuse, pour un foyer non imposable. Pour une personne seule sans autre revenu, la décote repousse toutefois ce point d'équilibre à environ 33 000 € de recettes : notre article sur le versement libératoire détaille le calcul. Le plafond de revenu fiscal de référence en écarte en pratique la plupart des foyers imposés à 30 %.

La voie « non professionnelle », et pourquoi nous la déconseillons

La déclaration de revenus prévoit aussi des cases pour les revenus non commerciaux non professionnels au régime déclaratif spécial (cases 5KU à 5MU), sans immatriculation. Certains sites la présentent comme une option. Pour une activité régulière, rémunérée chaque mois et déclarée au fisc par la plateforme, nous la déconseillons : une activité exercée de façon habituelle relève de l'exercice professionnel, et cette voie ne vous donne ni SIRET à présenter à une banque ni position solide si l'administration requalifie l'activité.

Micro-entreprise ou société pour OnlyFans ?

Pour commencer, la micro-entreprise suffit : inscription gratuite, comptabilité réduite à un livre des recettes, cotisations proportionnelles à ce que vous encaissez. Son plafond est de 83 600 € de recettes annuelles pour les prestations de services et les activités libérales, seuil applicable de 2026 à 2028 (article 102 ter du CGI). Au-delà deux années de suite, vous passez au régime réel. Sa limite est ailleurs : elle ignore vos frais réels. Matériel, décors, déplacements, commission d'agence, abonnements, tout est couvert par l'abattement de 34 %, que vos frais pèsent 5 % ou 50 % de vos recettes.

Une société (SASU ou EURL) devient intéressante quand les revenus grossissent et que les frais réels dépassent cet abattement. Vous y déduisez vos charges, vous choisissez entre rémunération et dividendes, vous pouvez laisser une partie du bénéfice dans la structure. En contrepartie, il faut une comptabilité complète, des comptes annuels, un compte bancaire professionnel et plus de rigueur.

Recettes annuellesMicro-entreprise (ordre de grandeur)Société (ordre de grandeur)
24 000 € (2 000 €/mois)Environ 6 100 € de cotisations, impôt faible ou nul selon le foyerRarement intéressante à ce niveau
60 000 € (5 000 €/mois)Environ 15 400 € de cotisations, plus l'impôt sur 39 600 €Intéressante si les frais réels dépassent 20 000 €
120 000 € (10 000 €/mois)Au-dessus de 83 600 € : régime réel si le plafond est dépassé deux années de suiteLa bonne structure : charges déduites, rémunération pilotée

Ces chiffres sont des ordres de grandeur calculés avec les taux 2026 (25,6 % de cotisations, abattement de 34 %), pas une simulation : votre situation familiale, vos frais et vos autres revenus changent le résultat. Le calcul complet, avec EURL, SASU, salaire et dividendes, est dans notre article micro-entreprise ou société pour une créatrice. Deux erreurs reviennent : rester en micro trop longtemps par confort, ou monter une société trop tôt par prestige.

Faut-il facturer la TVA sur ses revenus OnlyFans ?

En dessous de la franchise en base, non : vos factures portent la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Ce seuil est de 37 500 € de recettes en 2026 pour les prestations de services, avec une tolérance jusqu'à 41 250 € l'année du dépassement. Selon notre analyse de la TVA des plateformes, les revenus OnlyFans, qui rémunèrent une prestation rendue à une société britannique, ne comptent probablement pas dans ce seuil, contrairement à ceux de MYM. Le seuil unique de 25 000 € annoncé en 2025 n'est jamais entré en vigueur : la loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025 l'a abrogé.

Au-delà, tout dépend de la territorialité. La TVA sur les abonnements et les contenus vendus aux fans est collectée par la plateforme, qui est le vendeur vis-à-vis du fan. Le revenu que vous percevez rémunère une prestation rendue à la plateforme, établie au Royaume-Uni pour OnlyFans : en pratique, pas de TVA française facturée, mais des obligations de forme (numéro de TVA intracommunautaire, mentions sur les factures, déclarations). MYM, établie en France, ne suit pas le même schéma. Ces règles ont changé plusieurs fois depuis 2020 : faites-les vérifier par un expert-comptable qui connaît OnlyFans et MYM.

Que risque-t-on si on ne déclare pas ?

Le coût dépend surtout d'un moment : avant ou après la première lettre de l'administration.

Une activité jamais déclarée, ni au guichet des formalités ni aux impôts, est une activité occulte. Le fisc peut alors remonter dix ans en arrière au lieu de trois (article L169 du livre des procédures fiscales) et appliquer une majoration de 80 % sans mise en demeure préalable (article 1728 du CGI). Une déclaration simplement déposée en retard entraîne une majoration de 10 %, portée à 40 % si elle n'arrive pas dans les trente jours d'une mise en demeure. Une déclaration déposée mais incomplète expose aux majorations de l'article 1729 : 40 % en cas de manquement délibéré, 80 % en cas de manœuvres frauduleuses. S'y ajoute l'intérêt de retard de 0,20 % par mois (article 1727), et l'URSSAF réclame de son côté les cotisations dues.

Régulariser spontanément revient à payer l'impôt, les cotisations et l'intérêt de retard, plus une majoration de 10 % si la déclaration n'avait jamais été déposée et les majorations de retard de l'URSSAF, mais en évitant le plus souvent les majorations de 40 % et 80 %. Sur trois ans de revenus, l'écart avec un redressement peut se chiffrer en dizaines de milliers d'euros. La démarche se prépare : reconstituer les recettes année par année à partir des relevés des plateformes, choisir le régime applicable, chiffrer, puis déposer. OFM Legal, cabinet de conseil spécialisé dans l'industrie OFM, n'est ni expert-comptable ni avocat : nous organisons le dossier (relevés, flux, structure), et notre expert-comptable partenaire, inscrit à l'Ordre, établit les déclarations de régularisation. Pour une agence, la même logique s'applique à ses propres comptes, détaillés dans notre article sur la comptabilité d'une agence OFM.

Une activité déclarée a un autre avantage, moins visible : elle se défend. Avis d'imposition et attestations URSSAF sont les premières pièces qu'une banque, un bailleur ou un tribunal vous demandera.

Pour aller plus loin

L'expatriation n'efface rien

Partir à Dubaï, à Malte ou en Thaïlande ne fait pas disparaître les obligations : tant que votre résidence fiscale reste en France, la France impose vos revenus mondiaux. L'article 4 B du CGI retient trois critères (foyer ou lieu de séjour principal, activité professionnelle principale, centre des intérêts économiques), et un seul suffit pour rester résidente française. Une expatriation se prépare avant le départ, avec un vrai transfert de résidence, une société sur place quand c'est justifié et un compte bancaire qui accepte vos revenus. Mal préparée, elle coûte plus cher que pas d'expatriation du tout. Nous y consacrons un guide à part, et vous pouvez nous exposer votre situation depuis la page contact.

Questions fréquentes

Doit-on déclarer ses revenus d'OnlyFans en France ?
Oui, dès le premier euro. Les sommes versées par OnlyFans, MYM ou Fansly sont des revenus d'activité indépendante, soumis à cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu. Depuis DAC7, les plateformes transmettent elles-mêmes ces montants à l'administration fiscale, qui les a de plus en plus souvent avant votre déclaration.
Quel montant peut-on gagner sur OnlyFans sans le déclarer ?
Aucun. Il n'existe pas de seuil de dispense pour une activité de création de contenu : le premier payout se déclare à l'URSSAF et au fisc. Les seuils que l'on voit circuler (37 500 € de franchise de TVA, 83 600 € de plafond micro, à dépasser deux années de suite pour en sortir) concernent la TVA et le régime fiscal, jamais l'obligation de déclarer.
Quelle somme ne pas dépasser pour ne pas payer d'impôt avec OnlyFans ?
L'impôt sur le revenu dépend de l'ensemble des revenus du foyer. Pour les revenus 2025, la tranche à 0 % s'arrête à 11 600 € de revenu imposable par part, calculé après l'abattement de 34 %, et non de recettes. Avec cet abattement et la décote, une personne seule sans autre revenu reste non imposable bien au-delà de 11 600 € de recettes. Elle doit quand même déclarer et payer ses cotisations sociales, soit 25,6 % des recettes en 2026 en micro-entreprise.
Dans quelle case déclarer ses revenus OnlyFans sur la déclaration d'impôts ?
En micro-entreprise, les recettes annuelles se reportent sur la déclaration complémentaire 2042 C PRO, case 5HQ pour les revenus non commerciaux professionnels, ou case 5TE si vous avez opté pour le versement libératoire (5IQ ou 5UE pour le déclarant 2). Vous indiquez le montant brut encaissé : l'administration applique elle-même l'abattement de 34 %.
Quels revenus OnlyFans n'a-t-on pas à déclarer ?
Aucun des revenus versés par la plateforme n'échappe à la déclaration : abonnements, PPV, pourboires, messages payants et lives sont tous des recettes. Ce qui ne se déclare pas, c'est la commission prélevée par OnlyFans avant le versement, puisque vous ne l'avez jamais perçue. La commission d'une agence, elle, reste en principe incluse dans vos recettes.

Sources et textes cités

Olivier Maciejewski, fondateur d'OFM Legal
Votre interlocuteurOlivier MaciejewskiFondateur d'OFM Legal · Ancien avocat d'affaires (HEC Paris, Arendt, Clifford Chance) · Partenaire officiel MYMSon parcours Mis à jour le 22 septembre 2026

Ces informations sont générales et ne remplacent pas un conseil adapté à votre situation. OFM Legal n'est pas un cabinet d'avocats : les actions en justice sont portées par nos avocats partenaires.

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