Fiscalité & expatriation

Influenceurs et créateurs de contenu paient l'impôt dès le premier euro, cadeaux compris.

Les influenceurs payent-ils des impôts ? Oui, cadeaux et placements de produits compris : YouTube, TikTok, OnlyFans, taux 2026, contrat écrit.

Par Olivier MaciejewskiMis à jour le 2 octobre 202611 min de lecture
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L'essentiel
  • Oui, les influenceurs payent des impôts : tout ce que rapporte l'influence, en argent ou en nature, est imposable dès le premier euro et soumis aux cotisations sociales, que l'activité soit principale ou secondaire.
  • Un produit, un voyage ou une prestation offerts en échange d'une publication sont des recettes en nature : le BOFiP les déclare imposables lorsqu'ils rémunèrent un acte professionnel (BOI-BNC-BASE-20-20, § 720).
  • En micro-entreprise, un créateur de contenu en BNC paie en 2026 25,6 % de cotisations sur ses recettes, puis l'impôt sur le revenu après un abattement de 34 %, dans la limite de 83 600 € de recettes.
  • La loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 ne crée aucun impôt propre aux influenceurs. Elle impose un contrat écrit mentionnant le pays de résidence fiscale de chaque partie, obligatoire depuis le 1er janvier 2026 dès 1 000 € HT versés sur l'année par un même annonceur pour un même objectif promotionnel.
  • Les revenus d'OnlyFans ou de MYM obéissent aux mêmes règles, avec une différence : la plateforme les transmet elle-même au fisc au titre de DAC7.

Textes et chiffres vérifiés au 2 octobre 2026. Les sources sont citées en fin d'article.

Oui, les influenceurs payent des impôts, et dès le premier euro. En France, tout ce que rapporte l'influence est imposable : virements des marques, revenus publicitaires de YouTube ou de TikTok, commissions d'affiliation, abonnements OnlyFans ou MYM, mais aussi les produits et voyages reçus en échange d'une publication. En micro-entreprise, un créateur de contenu dans la catégorie BNC paie en 2026 25,6 % de cotisations sur ses recettes, puis l'impôt sur le revenu sur 66 % de ces recettes.

L'administration le dit sans détour sur economie.gouv.fr : les revenus d'une activité d'influence, principale ou secondaire, sont soumis aux impôts et aux cotisations dès le premier euro, et les avantages en nature se déclarent dans la même catégorie que le reste. La difficulté est ailleurs. Un créateur de contenu est payé par dix sources différentes, en argent et en produits, en euros et en dollars, et beaucoup ne savent pas quoi déclarer ni où.

Est-ce que les influenceurs payent des impôts sur tout ce qu'ils gagnent ?

Sur tout ce qui rémunère leur activité, oui. Le fisc ne distingue pas selon le réseau social ni selon la forme du paiement : il regarde si la somme ou l'avantage est la contrepartie d'un travail de création ou de promotion.

Source de revenuQui paieTraitement fiscal en FrancePoint d'attention
Partenariat rémunéré, placement de produitLa marque ou son agenceRecette professionnelle, en principe BNCContrat écrit dès 1 000 € HT par an, par annonceur et par objectif promotionnel
Produit, voyage ou service offert contre une publicationLa marque, en natureRecette en nature imposable (BOFiP, § 720)Valeur à justifier, comptée dans le seuil de 1 000 € HT
Revenus publicitaires (YouTube, TikTok, Snapchat)La plateforme ou sa régieRecette professionnelle, en principe BNCPaiement souvent depuis l'étranger, à convertir en euros
Commissions d'affiliation, codes promoLe marchand ou le réseau d'affiliationRecette professionnelleRelevés mensuels du réseau à conserver
Abonnements, PPV, pourboires (OnlyFans, MYM, Fansly)La plateformeRecette professionnelle BNCMontants transmis au fisc via DAC7
Vente de produits à son nom (merch)Les acheteursBénéfices industriels et commerciauxCatégorie et abattement différents en micro

La catégorie compte, parce qu'elle fixe l'abattement en micro-entreprise et les cotisations. La création de contenu et la promotion relèvent des bénéfices non commerciaux (article 92 du CGI), catégorie qui regroupe les activités où domine le travail intellectuel. La revente de marchandises relève des BIC. Un créateur qui fait les deux tient deux lignes distinctes.

Les cadeaux et placements de produits sont-ils imposables ?

Oui, dès lors qu'ils rémunèrent une publication. Le Bulletin officiel des finances publiques (BOI-BNC-BASE-20-20, § 720) pose la règle en une phrase : les cadeaux et dons en nature sont imposables s'ils représentent la rémunération d'actes professionnels. Un sac envoyé avec un brief, un séjour offert contre trois stories ou une prestation de soin gratuite en échange d'une vidéo entrent donc dans vos recettes, pour leur valeur.

Trois situations reviennent souvent, et elles ne se traitent pas de la même manière.

  1. La marque vous envoie un produit et exige une publication en retour. C'est une rémunération en nature : vous la déclarez pour sa valeur.
  2. La marque vous paie et vous laisse le produit. Vous déclarez le virement et la valeur du produit.
  3. Vous recevez un envoi spontané, sans aucune contrepartie demandée ni publication. À notre avis, l'absence de contrepartie écarte la qualification de rémunération, mais gardez l'échange qui le prouve : c'est à vous de montrer qu'il n'y avait pas d'accord.

Pour la valeur, retenez un chiffre que vous pouvez justifier : le prix public au moment de la réception, ou la valeur que le contrat indique. La loi de 2023 aide sur ce point, puisque l'article 8 oblige à mentionner dans le contrat la valeur de l'avantage en nature. Un produit que vous devez renvoyer après le tournage n'est pas un cadeau : notez-le et conservez la preuve du retour.

Que change la loi influenceurs du 9 juin 2023 pour les impôts ?

Directement, rien. La loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 définit l'influence commerciale, interdit la promotion de certains produits, impose la mention « Publicité » ou « Collaboration commerciale » et encadre les agents d'influenceurs. Aucun de ses articles ne crée d'impôt ni de régime fiscal propre aux influenceurs : c'est le droit commun qui s'applique.

Indirectement, elle rend les revenus beaucoup plus traçables. Son article 8 exige un contrat écrit entre l'influenceur et l'annonceur, qui mentionne notamment l'identité des parties, leur pays de résidence fiscale, la rémunération et la valeur des avantages en nature. Le décret n° 2025-1137 du 28 novembre 2025 a fixé le seuil : le contrat écrit est obligatoire lorsque les rémunérations et avantages en nature versés par un même annonceur au cours d'une même année, pour un même objectif promotionnel, atteignent 1 000 € HT. Le seuil s'applique depuis le 1er janvier 2026, et l'article 8 prévoit la nullité du contrat qui ne respecte pas ces exigences.

Pour le fisc, chaque contrat est une pièce. La marque déduit la dépense de ses propres comptes, conserve le contrat et la facture, et l'administration peut se les faire communiquer au titre de son droit de communication (article L81 du livre des procédures fiscales). Un partenariat facturé à une marque française laisse donc deux traces : la vôtre et la sienne.

Instagram, TikTok, YouTube, OnlyFans : quelles différences d'imposition ?

Aucune sur le principe, quelques-unes en pratique. Instagram ne vous paie pas directement pour la plupart des partenariats : ce sont les marques qui paient. YouTube et TikTok versent une part des revenus publicitaires ou des cadeaux virtuels, souvent depuis une société établie hors de France. OnlyFans et MYM encaissent les paiements des fans et vous reversent votre part après commission.

Deux différences comptent pour votre déclaration. La première est la traçabilité : OnlyFans et MYM sont des plateformes au sens de DAC7 et transmettent chaque année à l'administration l'identité de leurs créateurs et les montants versés, comme nous l'expliquons dans DAC7 et les plateformes. La seconde est la TVA : sur OnlyFans, la plateforme est réputée vendre au fan, ce qui change les factures que vous émettez, un point détaillé dans notre article sur la TVA OnlyFans et MYM. Pour un partenariat facturé à une marque, la franchise en base s'applique jusqu'à 37 500 € de recettes en 2026 (seuil majoré de 41 250 €), et l'avantage en nature compte dans ce chiffre au même titre que l'argent.

Combien paie un créateur de contenu en micro-entreprise ?

En 2026, un créateur de contenu en micro-entreprise dans la catégorie BNC supporte deux prélèvements distincts. L'URSSAF prélève 25,6 % de cotisations sur les recettes encaissées, déclarées chaque mois ou chaque trimestre. Le fisc calcule ensuite l'impôt sur le revenu sur les recettes diminuées d'un abattement forfaitaire de 34 % (article 102 ter du CGI), au barème du foyer, sauf option pour le versement libératoire.

Le régime est plafonné à 83 600 € de recettes annuelles pour les prestations de services. Il a un défaut pour les influenceurs qui dépensent beaucoup en matériel, déplacements, maquillage ou montage : l'abattement de 34 % est le seul frais admis, quels que soient vos frais réels. Quand ces frais dépassent le tiers des recettes, le régime réel ou une société peuvent coûter moins, un calcul que nous détaillons dans micro-entreprise ou société. Pour les étapes de la déclaration elle-même, notre guide pour déclarer ses revenus OnlyFans et MYM s'applique à l'identique aux autres créateurs.

Que risque un influenceur qui ne déclare pas ?

Les mêmes sanctions que tout contribuable, avec une particularité : une activité d'influence non déclarée se repère facilement. Les publications sponsorisées sont publiques, les contrats portent la mention de votre résidence fiscale, les plateformes transmettent leurs données au titre de DAC7, et les marques conservent leurs factures. economie.gouv.fr rappelle que l'omission ou l'inexactitude des déclarations expose à des majorations pouvant atteindre 80 %, voire à des poursuites pénales en cas de fraude.

Le calcul est simple à faire. Le rappel porte sur l'impôt et les cotisations dus, auxquels s'ajoutent l'intérêt de retard de 0,20 % par mois (article 1727 du CGI) et, selon le cas, une majoration. Une activité jamais déclarée est une activité occulte, majorée de 80 % (article 1728 du CGI). Une déclaration déposée mais incomplète expose à 40 % en cas de manquement délibéré et à 80 % en cas de manœuvres frauduleuses (article 1729 du CGI). Déclarer spontanément, même en retard, coûte en général moins cher qu'attendre la lettre de l'administration ; la démarche est décrite dans notre article pour régulariser des revenus non déclarés.

Faut-il un expert-comptable quand on est influenceur ?

La loi ne l'exige pas en micro-entreprise : un livre des recettes, des déclarations à l'URSSAF et la déclaration de revenus suffisent. Il devient indispensable en pratique dès que vous passez au régime réel ou en société, parce qu'il faut une comptabilité complète et, en société, des comptes annuels.

Pour un influenceur, un bon expert-comptable règle surtout trois questions : la valorisation des produits reçus, la TVA selon que le payeur est une marque française, une marque étrangère ou une plateforme, et la conversion des paiements reçus en devises. Si vous cumulez partenariats et abonnements OnlyFans ou MYM, choisissez quelqu'un qui connaît les deux mondes ; nous expliquons comment le repérer dans notre article sur l'expert-comptable OnlyFans et MYM.

Beaucoup de créatrices commencent sur Instagram ou TikTok avant d'ouvrir un compte OnlyFans, et découvrent en même temps le contrat d'influence, DAC7 et la TVA de plateforme. OFM Legal, cabinet de conseil spécialisé dans l'industrie OFM, n'est ni expert-comptable ni avocat : nous structurons l'activité, et la tenue des comptes revient à notre expert-comptable partenaire, inscrit à l'Ordre.

Les réflexes à prendre dès le premier partenariat

  1. Déclarez l'activité avant le premier paiement : inscription en micro-entreprise, catégorie BNC pour la création et la promotion.
  2. Exigez un contrat écrit dès que les montants d'une même marque pour une même opération approchent 1 000 € HT sur l'année, produits compris.
  3. Tenez un tableau des produits reçus : date, marque, valeur, publication associée, produit gardé ou rendu.
  4. Conservez les relevés de chaque plateforme et de chaque réseau d'affiliation, mois par mois.
  5. Mettez de côté chaque mois la part des cotisations et de l'impôt, soit plus d'un quart des recettes rien que pour l'URSSAF.

Questions fréquentes

Est-ce que les influenceurs payent des impôts en France ?
Oui. Un influenceur résident fiscal en France est imposé sur tout ce que lui rapporte son activité, dès le premier euro : rémunérations des marques, revenus publicitaires, commissions d'affiliation, abonnements et produits reçus. Il paie aussi des cotisations sociales, 25,6 % des recettes en 2026 s'il est en micro-entreprise dans la catégorie BNC.
Les cadeaux reçus par un influenceur sont-ils imposables ?
Oui, lorsqu'ils rémunèrent une publication ou une prestation. Le BOFiP (BOI-BNC-BASE-20-20, § 720) prévoit que les cadeaux et dons en nature sont imposables s'ils représentent la rémunération d'actes professionnels. Ils se déclarent pour leur valeur, dans la même catégorie que les autres recettes, et comptent avec l'argent dans le seuil de 1 000 € HT qui rend le contrat écrit obligatoire.
Faut-il créer une micro-entreprise pour être influenceur ?
Dès que l'activité est régulière et rapporte de l'argent, il faut la déclarer comme activité professionnelle, et la micro-entreprise est le cadre le plus simple pour commencer. Elle est plafonnée à 83 600 € de recettes en 2026 pour les prestations de services et ne permet pas de déduire les frais réels. Au-delà, ou avec beaucoup de frais, une société peut devenir plus intéressante.
La loi influenceurs de 2023 a-t-elle changé la fiscalité des créateurs de contenu ?
Non. La loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 encadre la publicité, les produits interdits de promotion et les contrats, mais ne contient aucun article fiscal. Elle a toutefois un effet indirect : le contrat écrit, obligatoire depuis le 1er janvier 2026 dès 1 000 € HT par an avec un même annonceur pour un même objectif promotionnel, mentionne le pays de résidence fiscale des parties et la valeur des avantages en nature.
Faut-il un expert-comptable quand on est influenceur ?
La loi ne l'impose pas, ni en micro-entreprise ni ailleurs. Il devient indispensable en pratique au régime réel ou en société, et utile dès que les payeurs se multiplient : marques françaises et étrangères, plateformes, régies publicitaires, produits reçus. Choisissez-en un qui connaît à la fois les contrats d'influence et les plateformes comme OnlyFans ou MYM.

Sources et textes cités

Olivier Maciejewski, fondateur d'OFM Legal
Votre interlocuteurOlivier MaciejewskiFondateur d'OFM Legal · Ancien avocat d'affaires (HEC Paris, Arendt, Clifford Chance) · Partenaire officiel MYMSon parcours Mis à jour le 2 octobre 2026

Ces informations sont générales et ne remplacent pas un conseil adapté à votre situation. OFM Legal n'est pas un cabinet d'avocats : les actions en justice sont portées par nos avocats partenaires.

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