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Contrat d'agence OnlyFans / MYM : les 12 clauses qui décident de tout.

Contrat d'agence OnlyFans ou MYM : les 12 clauses à lire avant de signer, de la commission à la sortie, ce qui doit vous faire refuser et comment négocier.

Par Olivier MaciejewskiMis à jour le 17 juin 20269 min de lecture
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L'essentiel
  • Un contrat d'agence fixe la part de vos revenus que vous cédez, la durée de l'engagement et le titulaire du compte.
  • Une commission de 20 à 50 % des revenus nets est courante ; vérifiez sur quelle base elle se calcule et quels services elle rémunère.
  • Le compte, les contenus et l'accès aux fans doivent rester à vous, et le contrat doit prévoir la restitution des accès à la sortie.
  • Refusez un contrat qui impose une exclusivité sans limite de temps, rend la sortie impossible, prévoit des pénalités disproportionnées ou ne vous donne aucun relevé.
  • Un contrat se négocie : les agences sérieuses acceptent des ajustements. Un refus de toute modification avant la signature est un signal d'alerte.

Textes et chiffres vérifiés au 17 juin 2026. Les sources sont citées en fin d'article.

Un contrat d'agence se signe souvent en une soirée, entre deux messages Telegram, avec la promesse de revenus qui vont tripler. Il se relit des mois plus tard, quand les revenus sont là et que les questions arrivent : pourquoi cette commission sur des ventes que je fais seule, pourquoi je ne peux pas partir, à qui appartient ce compte que je ne contrôle plus. Douze clauses décident de tout. Pour chacune : ce qui est normal, ce qui doit vous faire refuser et ce qui se négocie.

Avant les clauses : vérifier l'agence

Un contrat n'est jamais meilleur que la société qui le signe. Avant de lire la première ligne, vérifiez que l'agence existe : un extrait d'immatriculation récent (Kbis en France, équivalent à l'étranger), une adresse, un dirigeant identifié, une société qui n'a pas six mois. Cherchez le nom de l'agence et de son dirigeant sur les réseaux et dans les groupes de créatrices : les mauvaises expériences circulent vite. Une agence domiciliée à Dubaï ou à Malte n'est pas un problème en soi ; une agence sans société ni adresse en est un.

1. L'objet : ce que l'agence fait vraiment

La clause d'objet décrit les services : gestion du compte, acquisition d'abonnés, conversations avec les fans, planification des contenus, comptabilité. Elle doit être précise. « Accompagnement global » ne veut rien dire : l'agence facture sans rien devoir. Ce qui est normal : une liste de services avec, pour les conversations, l'indication que des chatteurs répondent en votre nom. Ce qui doit vous alerter : toute mention de contenus que vous devriez produire, en quantité ou en nature. Vous décidez de ce que vous produisez, jamais le contrat.

2. La commission : combien, sur quoi, jusqu'à quand

Le taux courant va de 20 à 50 % des revenus nets, après la commission de la plateforme. Trois questions comptent plus que le taux. Sur quelle base : les revenus nets de plateforme, ou un montant brut qui inclut des frais ? Sur quels revenus : ceux du compte géré, ou aussi vos autres plateformes et vos revenus antérieurs ? Jusqu'à quand : pendant le contrat seulement, ou sur des abonnés « acquis par l'agence » pendant des mois après la rupture ?

Ce qui est normal : un pourcentage des revenus nets du compte géré, pendant la durée du contrat. Ce qui doit vous faire refuser : une commission sur des revenus que l'agence ne génère pas, ou qui survit à la fin du contrat sans limite.

3. La durée et le renouvellement

Six à douze mois est une durée raisonnable pour un premier contrat, le temps de voir si l'agence tient ses promesses. Méfiez-vous des contrats de 24 ou 36 mois, et surtout du renouvellement tacite par périodes égales, qui transforme un an en quatre si vous manquez la fenêtre de dénonciation. Négociez une première période courte, un renouvellement exprès (vous re-signez, ou rien) et un préavis d'un mois.

4. L'exclusivité

L'agence demande souvent l'exclusivité : vous ne travaillez avec aucune autre agence pendant le contrat. C'est acceptable si elle est limitée au service rendu et dans le temps. Elle devient un problème quand elle couvre toutes vos plateformes, y compris celles que l'agence ne gère pas, ou quand elle continue après la fin du contrat par une clause de non-concurrence. Une exclusivité sans limite de temps est un motif de refus, pas de négociation.

5. La propriété du compte

C'est la clause la plus importante, et celle qui manque le plus souvent. Le compte OnlyFans ou MYM est lié à votre identité vérifiée par la plateforme ; il vous appartient. Mais si l'agence a créé le compte, détient l'adresse e-mail, les identifiants, l'authentification à deux facteurs et le compte bancaire de payout, elle le contrôle dans les faits, et vous n'avez plus que votre parole. Exigez une clause claire : le compte, l'adresse e-mail associée et les accès sont votre propriété ; l'agence les utilise pendant le contrat et les restitue à la fin, sous quelques jours, avec obligation de ne pas modifier les paramètres de paiement.

6. Les contenus et le droit à l'image

Vous produisez les contenus : vous en êtes l'auteure et vous restez titulaire de votre droit à l'image, protégé par l'article 9 du Code civil. L'agence a besoin d'une autorisation pour les publier et les promouvoir en votre nom. Cette autorisation doit être limitée : aux plateformes convenues, pendant le contrat, pour la promotion du compte. La cession de droits d'auteur, elle, doit préciser chaque droit cédé, son étendue, sa destination, son lieu et sa durée (article L. 131-3 du Code de la propriété intellectuelle), faute de quoi elle ne vaut rien. Ce qui doit vous faire refuser : une cession de droits illimitée, la possibilité pour l'agence de réutiliser vos contenus après le contrat, ou de les vendre sur d'autres comptes. Prévoyez aussi la suppression des contenus détenus par l'agence à la sortie.

7. Les chatteurs et ce qu'ils disent en votre nom

Si l'agence fait répondre des chatteurs à votre place, le contrat doit le dire, et fixer ce qu'ils peuvent promettre : jamais de rencontre physique, jamais de contenu que vous n'avez pas validé, aucune information personnelle. C'est votre image et votre sécurité qui sont en jeu, et c'est aussi ce qui protège l'agence sur le plan pénal. Une agence sérieuse a une charte de chatting écrite et accepte de l'annexer au contrat.

8. Les relevés et l'accès aux chiffres

Vous devez pouvoir vérifier ce que la plateforme a versé, ce que l'agence a prélevé et ce que vous avez reçu. Exigez un relevé mensuel détaillé et, mieux, un accès en lecture aux statistiques de la plateforme. Un contrat sans obligation de relevés est un contrat où vous n'avez que la parole de l'agence. C'est aussi le premier document qu'un juge demandera en cas de litige sur les revenus.

9. Le paiement : qui encaisse, qui reverse, quand

Deux schémas existent. Soit la plateforme vous verse directement vos revenus et vous payez la commission à l'agence sur facture : c'est le plus sain. Soit l'agence encaisse tout et vous reverse votre part : c'est le plus risqué, pour vous et pour elle. Si vous acceptez le second schéma, fixez un délai de reversement (sous dix jours après le payout), un relevé à chaque paiement et des pénalités de retard. Les revenus non versés sont le premier motif de litige que nous voyons.

10. Les frais et les pénalités

Certains contrats prévoient des frais à votre charge : outils, publicité, contenus produits par l'agence. Ils doivent être listés, plafonnés et justifiés par des factures. Les pénalités doivent être proportionnées : une indemnité de plusieurs dizaines de milliers d'euros pour une publication manquée ou une sortie anticipée est un signal, et un juge peut la réduire d'office si elle est manifestement excessive (article 1231-5 du Code civil). Refusez toute clause qui vous rend redevable d'une somme fixe en cas de départ.

11. La sortie : préavis, restitution, après-contrat

Un bon contrat organise sa propre fin : un préavis raisonnable (un mois), la restitution des accès dans un délai fixé, la suppression des contenus détenus par l'agence, le règlement des derniers relevés, et aucune commission après la date de fin. Prévoyez aussi les manquements qui vous permettent de rompre immédiatement : revenus non reversés, contenus publiés sans accord, chatteurs qui promettent ce qu'ils ne devraient pas.

12. Le droit applicable et le tribunal

Une agence établie à l'étranger peut soumettre le contrat à un droit étranger et à un tribunal lointain. Ce n'est pas illégal, mais cela rend tout recours coûteux. Négociez le droit et les tribunaux de votre pays de résidence, ou au moins une clause de médiation préalable. À défaut, sachez avant de signer ce que vous coûterait un litige.

Comment négocier sans perdre l'agence

Une agence OnlyFans sérieuse s'attend à ce que vous négociiez. Listez vos demandes par ordre d'importance : la propriété du compte et la sortie d'abord, l'exclusivité et la commission après rupture ensuite, le taux en dernier. Formulez-les par écrit, calmement, en proposant une rédaction. Une agence qui accepte des ajustements raisonnables est une agence avec qui l'on peut travailler ; une agence qui refuse de toucher une virgule vous montre comment elle traitera la première difficulté.

Vous avez déjà signé ?

Un contrat signé n'est pas une condamnation. Beaucoup de contrats d'agence contiennent des clauses déséquilibrées qu'un juge ne ferait pas appliquer (entre professionnels, l'article L. 442-1 du Code de commerce sanctionne le déséquilibre significatif ; l'article 1171 du Code civil vise les contrats d'adhésion), et une agence qui ne respecte pas ses propres obligations vous ouvre la porte à la résolution du contrat (article 1224 du Code civil). La méthode est la même que pour négocier : faire relire le contrat, identifier ce qui tient et ce qui ne tient pas, mettre l'agence en demeure sur ses manquements, puis négocier une sortie propre avec restitution du compte. L'action en justice, portée par nos avocats partenaires, reste l'exception.

Questions fréquentes

Quelle commission est normale pour une agence OnlyFans ?
Entre 20 et 50 % des revenus nets (après la commission de la plateforme) selon les services rendus. Une agence qui gère le marketing, les conversations et l'administration justifie le haut de la fourchette ; un manager qui ne fait que du conseil, le bas. Méfiez-vous surtout d'une commission calculée sur des revenus que l'agence ne génère pas, ou qui continue après la fin du contrat.
L'agence peut-elle garder mon compte OnlyFans si je pars ?
Non si le contrat le prévoit, et c'est pour cela qu'il faut le prévoir. Votre compte est lié à votre identité vérifiée par la plateforme, mais si l'agence détient les identifiants, l'adresse e-mail et le compte bancaire de payout, elle le contrôle dans les faits. Le contrat doit stipuler que le compte vous appartient et que les accès sont restitués à la sortie, sous quelques jours.
Puis-je rompre un contrat d'agence OnlyFans avant la fin ?
Souvent, oui. Un contrat déséquilibré (exclusivité perpétuelle, pénalités disproportionnées, absence de relevés) est fragile devant un juge, et une agence qui ne remplit pas ses propres obligations vous ouvre la porte. La méthode : faire relire le contrat, mettre l'agence en demeure sur ses manquements, négocier la sortie. L'action en justice, portée par nos avocats partenaires, reste l'exception.
Faut-il faire relire son contrat par un professionnel ?
Un contrat d'agence engage plusieurs années de revenus et votre image. Une relecture coûte une fraction d'un mois de commission et évite les trois erreurs qui reviennent dans tous les litiges : la propriété du compte, l'exclusivité sans fin et la commission après rupture. OFM Legal relit les contrats des créatrices, clause par clause, au forfait.
Olivier Maciejewski, fondateur d'OFM Legal
Votre interlocuteurOlivier MaciejewskiFondateur d'OFM Legal · Ancien avocat d'affaires (HEC Paris, Arendt, Clifford Chance) · Partenaire officiel MYMSon parcours Mis à jour le 17 juin 2026

Ces informations sont générales et ne remplacent pas un conseil adapté à votre situation. OFM Legal n'est pas un cabinet d'avocats : les actions en justice sont portées par nos avocats partenaires.

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