
- Face à un faux compte à votre nom, capturez d'abord les preuves, puis signalez-le, et déposez plainte en parallèle : un compte supprimé avant capture ne se prouve plus.
- Se faire passer pour vous en ligne est un délit : un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende (article 226-4-1 du Code pénal) ; si des fans sont arnaqués, l'escroquerie (article 313-1) est punie de cinq ans et 375 000 €.
- Le retrait passe par le formulaire d'usurpation d'identité de la plateforme, doublé d'une notification conforme à l'article 16 du DSA ; pour vos photos, la notification DMCA fondée sur votre droit d'auteur est souvent la plus rapide.
- Un dépôt de marque à l'INPI (190 € pour une classe) fait de votre nom de scène un droit opposable aux plateformes et aux copieurs, y compris sur les noms de domaine.
- Pour prévenir : publiez une page de liens officiels, faites vérifier vos comptes quand la plateforme le propose et apposez un filigrane sur vos contenus.
Textes et chiffres vérifiés au 24 octobre 2026. Les sources sont citées en fin d'article.
Un faux compte OnlyFans, Instagram ou Telegram à votre nom se fait supprimer par un signalement à la plateforme, appuyé par une notification conforme au règlement européen sur les services numériques (DSA) et, pour vos photos, par une notification DMCA. En parallèle, l'usurpation d'identité en ligne est un délit que vous pouvez faire poursuivre par une plainte : un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende, davantage si des fans ont été escroqués. Reste ensuite à rendre votre nom de scène plus difficile à copier.
Faux compte, faux profil, usurpation : de quelle situation parle-t-on ?
Sous l'expression « faux profil à mon nom », les créatrices décrivent trois situations, qui se combinent souvent mais n'appellent pas les mêmes outils.
| Situation | Ce qui se passe | Fondement principal | Premier outil |
|---|---|---|---|
| Vitrine volée | Un compte republie vos photos sous votre nom ou un nom proche, pour attirer du trafic | Droit d'auteur, droit à l'image, usurpation d'identité | Formulaire d'usurpation de la plateforme, notification DMCA |
| Arnaque aux fans | Le faux compte se fait passer pour vous en message privé et demande de l'argent (contenus « exclusifs », rencontre, cagnotte) | Usurpation d'identité, escroquerie | Signalement, alerte à votre communauté, plainte |
| Revente de contenus | Un profil sur une autre plateforme vend vos contenus payants comme s'il s'agissait des siens | Contrefaçon, diffusion sans consentement si contenus intimes | Notification DMCA ou DSA, plainte |
La troisième situation touche au terrain de la fuite de contenus, que nous traitons en détail dans notre guide leak de contenus : que faire ?. Cet article traite de ce qui est propre à l'usurpation : quelqu'un prétend être vous.
Avant de signaler : figer les preuves
Si vous n'avez rien capturé, ne signalez pas tout de suite : un compte supprimé, par la plateforme ou par son auteur, disparaît avec la preuve de ce qu'il a fait. Prenez vingt minutes pour constituer le dossier.
- Le profil : captures d'écran complètes, avec l'identifiant exact (le @ et, quand elle est visible, l'adresse du profil), la photo, la biographie, le nombre d'abonnés et les liens qu'il affiche.
- Les publications : chaque photo ou vidéo qui vous appartient, avec l'URL, la date et l'heure de la capture.
- Les messages que le faux compte envoie à vos fans et que ceux-ci vous transfèrent. Demandez-leur des captures entières, pas des extraits recadrés, et, s'ils ont payé, la trace du paiement.
- La chronologie : un tableau simple avec la date de découverte, les signalements envoyés, les réponses reçues.
Si le faux compte est très actif, s'il a escroqué plusieurs personnes ou si vous envisagez une action en justice, un constat de commissaire de justice donne à ces éléments une force probante que vos captures personnelles n'ont pas. Gardez aussi la preuve que vous êtes, vous, la titulaire du nom et des contenus : vos comptes officiels, leur date de création, les fichiers originaux de vos photos.
Faire supprimer le faux compte : plateforme, DSA et DMCA
Le formulaire d'usurpation d'identité de la plateforme
Les grands réseaux sociaux et les plateformes de contenus interdisent dans leurs règles de se faire passer pour quelqu'un d'autre et proposent un formulaire dédié, distinct du simple bouton « signaler ». Utilisez-le en priorité. Il vous sera souvent demandé de prouver votre identité, parfois par une pièce d'identité. Transmettez-la uniquement par le formulaire officiel de la plateforme, jamais à un « service de récupération » qui vous contacte en message privé : l'usurpation attire d'autres escrocs.
La notification de l'article 16 du DSA
Sur une plateforme active dans l'Union européenne, le signalement a une base légale précise. L'article 16 du règlement (UE) 2022/2065 sur les services numériques impose à tout hébergeur de mettre en place un mécanisme de notification des contenus illicites. Une notification solide contient une explication motivée des raisons pour lesquelles le contenu est illicite (ici, usurpation d'identité au sens de l'article 226-4-1 du Code pénal, atteinte à votre droit à l'image, contrefaçon de vos photos), l'adresse exacte du compte et des publications, vos nom et adresse e-mail, et une déclaration de bonne foi.
Ce formalisme a un intérêt concret. Une notification suffisamment précise pour qu'un hébergeur diligent identifie l'illicéité sans examen juridique approfondi lui donne connaissance effective du contenu : s'il n'agit pas, il engage sa responsabilité. La plateforme doit ensuite vous informer de sa décision et des voies de recours. Si elle refuse de supprimer le compte, l'article 20 vous ouvre son système interne de réclamation pendant au moins six mois après la décision, et l'article 21 un organisme de règlement extrajudiciaire des litiges certifié.
Vos photos : la notification DMCA
Beaucoup de plateformes et d'hébergeurs appliquent la procédure américaine du Digital Millennium Copyright Act (17 U.S.C. § 512). Elle repose sur votre droit d'auteur, et c'est souvent l'outil le plus rapide pour faire retirer des photos, parce qu'il ne demande pas à la plateforme de juger qui est « la vraie » : seulement de constater que vous êtes titulaire des droits. La notification comporte votre signature, l'identification de vos œuvres, la localisation des copies, vos coordonnées, une déclaration de bonne foi et une déclaration d'exactitude sous peine de parjure.
Un point à vérifier avant d'envoyer : êtes-vous bien titulaire des droits ? Les photos que vous prenez vous-même sont à vous. Celles d'un photographe lui appartiennent, sauf cession écrite ; dans ce cas, c'est lui qui peut notifier, ou vous avec son accord. Le DMCA a une limite : l'auteur du compte peut envoyer une contre-notification, et le contenu est alors rétabli dans un délai de dix à quatorze jours ouvrés, sauf action en justice de votre part.
Usurpation d'identité : porter plainte, et pour quoi
La suppression du compte arrête le dommage. La plainte vise son auteur, et elle est souvent la seule manière de l'identifier derrière un pseudonyme.
L'infraction centrale est l'usurpation d'identité numérique de l'article 226-4-1 du Code pénal : le fait d'usurper l'identité d'un tiers ou de faire usage de données permettant de l'identifier, en vue de troubler sa tranquillité ou celle d'autrui, ou de porter atteinte à son honneur ou à sa considération. La peine est d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende, et le texte précise que les mêmes peines s'appliquent lorsque les faits sont commis sur un réseau de communication au public en ligne. Elles sont portées à deux ans et 30 000 € lorsque l'auteur est votre conjoint, concubin ou partenaire de PACS ; en vertu de l'article 132-80 du Code pénal, l'aggravation vaut aussi pour un ex-conjoint, ex-concubin ou ex-partenaire lorsque les faits sont commis en raison de la relation passée, une situation qui se rencontre après une séparation.
Selon les cas, d'autres qualifications s'ajoutent :
- l'escroquerie (article 313-1 du Code pénal), punie de cinq ans d'emprisonnement et de 375 000 € d'amende, quand le faux compte obtient de l'argent de vos fans en se faisant passer pour vous ;
- la contrefaçon (article L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle), quand il reproduit ou vend vos contenus ;
- la diffusion d'un contenu à caractère sexuel sans consentement (article 226-2-1 du Code pénal), quand il publie des contenus intimes que vous réserviez à vos abonnés.
La plainte se dépose au commissariat, à la gendarmerie ou par courrier au procureur de la République du tribunal judiciaire de votre domicile. Joignez le dossier de preuves et la chronologie. Pharos, le portail de signalement du ministère de l'Intérieur, reçoit les signalements de contenus publics illicites ; c'est une alerte utile pour un faux compte qui escroque le public, mais ce n'est pas une plainte et elle ne vous donne aucun droit dans la procédure. Pour être orientée, la ligne Info Escroqueries répond au 0 805 805 817, et France Victimes au 116 006.
Quand le faux compte reste en ligne malgré les notifications, la voie civile d'urgence existe : le président du tribunal judiciaire peut ordonner à la plateforme ou à l'hébergeur toute mesure propre à faire cesser le dommage, y compris la communication des données d'identification de l'auteur. Ces procédures sont portées par nos avocats partenaires ; OFM Legal prépare le dossier et la chronologie.
Les fans arnaqués : que leur dire, que faire
Le dommage le plus lourd touche souvent la confiance de votre communauté.
Publiez rapidement un message clair sur vos comptes officiels : vos seuls comptes, vos seuls liens, le fait que vous ne demandez jamais de paiement en dehors des plateformes, et l'identifiant du faux compte signalé. Épinglez-le. Vous n'avez pas à rembourser vous-même les fans escroqués : ce n'est pas votre dette. Orientez-les plutôt vers la plainte ; la plateforme THESEE du ministère de l'Intérieur permet à une personne majeure de déposer plainte en ligne pour plusieurs types d'escroqueries sur internet, dont l'escroquerie aux sentiments et le chantage en ligne avec demande d'argent. Leurs témoignages et leurs preuves de paiement renforcent aussi votre propre dossier.
Protéger votre nom de scène : le dépôt de marque
Votre nom de scène est un actif. Déposé comme marque, il devient un droit de propriété opposable à tous, pour les produits et services désignés, qui s'ajoute au droit à l'image et au droit d'auteur.
Le dépôt se fait en ligne à l'INPI, par toute personne physique ou morale. Il coûte 190 € pour une classe, puis 40 € par classe supplémentaire, et la marque est protégée dix ans, renouvelables indéfiniment. Pour une créatrice, les classes utiles se choisissent selon ce que vous vendez : services de divertissement, contenus numériques téléchargeables, produits dérivés le cas échéant. Avant le dépôt, vérifiez la disponibilité du nom dans la base de l'INPI ; un nom déjà déposé par un tiers dans les mêmes classes vous exposerait à une opposition. Si votre activité est tournée vers plusieurs pays européens, une marque de l'Union européenne, déposée auprès de l'EUIPO, couvre tous les États membres en un seul dépôt.
La marque n'empêche pas mécaniquement quelqu'un d'ouvrir un compte à votre nom. Elle vous donne en revanche un argument de plus face aux plateformes, qui disposent pour la plupart d'un formulaire dédié aux atteintes aux marques, face aux registres de noms de domaine, et face à une ancienne agence qui voudrait continuer à exploiter votre nom. Sur ce dernier point, vérifiez à qui votre contrat attribue le nom de scène et les comptes : c'est l'une des clauses que nous détaillons dans notre article sur le contrat d'agence OnlyFans, et l'une des premières questions à régler pour quitter son agence.
Prévenir : rendre la copie moins rentable
Aucune mesure n'empêche totalement la création d'un faux compte. Quatre réduisent sa durée de vie et le nombre de fans qui s'y laissent prendre.
- Une page de liens officiels, unique, que vous citez partout : vos fans doivent savoir où vous trouver, et donc reconnaître ce qui n'en fait pas partie.
- La vérification de vos comptes quand la plateforme la propose : un badge ne se copie pas, et vos fans distinguent d'un coup d'œil le vrai compte du faux.
- Un filigrane discret sur vos photos et vidéos, avec votre nom de scène ou l'adresse de votre page officielle : il rend la republication moins crédible et facilite la preuve.
- Une veille régulière : recherche de votre nom de scène et de vos variantes sur les principaux réseaux, alertes sur votre nom, et consigne donnée à vos fans de vous transférer tout message suspect.
Ajoutez à cela une précaution sur vos documents. Une pièce d'identité confiée à une agence, à un chatteur ou à un prestataire peut servir à ouvrir des comptes vérifiés à votre nom. Ne transmettez vos documents qu'aux plateformes elles-mêmes, et exigez par contrat que tout intermédiaire les supprime à la fin de la collaboration.
Ce que nous voyons en pratique
Les dossiers d'usurpation qui arrivent chez nous suivent souvent le même schéma : un faux compte repéré par un fan, signalé à la hâte par la créatrice, supprimé par la plateforme, puis réapparu une semaine plus tard sous un identifiant voisin, sans qu'aucune preuve n'ait été conservée entre-temps. La plainte devient alors difficile à nourrir. L'autre schéma fréquent est celui d'une ancienne agence ou d'un ancien chatteur qui garde un accès, un nom de compte ou des contenus après la rupture : là, l'usurpation se double d'un problème contractuel, et le contrat devient une pièce du dossier.
L'ordre que nous recommandons : preuves, signalement motivé, alerte à la communauté, plainte, puis dépôt du nom de scène et page de liens officiels. Si vous faites face à un faux compte en ce moment, le premier échange avec nous est offert, via la page créatrices et créateurs.
Questions fréquentes
Quelqu'un a créé un faux compte avec mes photos : que faire en premier ?
Peut-on porter plainte pour usurpation d'identité en ligne ?
La plateforme refuse de supprimer le faux profil à mon nom : quels recours ?
Faut-il déposer son nom de scène comme marque ?
Des fans ont payé un faux compte à mon nom : suis-je responsable ?
Sources et textes cités
- Usurpation d'identité, que faire ? (articles 226-4-1 et 313-1 du Code pénal, France Victimes 116 006, Info Escroqueries 0 805 805 817) Cybermalveillance.gouv.fr, mis à jour le 26 février 2026
- Règlement (UE) 2022/2065 du 19 octobre 2022 relatif à un marché unique des services numériques (DSA), articles 16, 20 et 21 EUR-Lex
- 17 U.S. Code § 512 (DMCA, notification et contre-notification) Legal Information Institute, Cornell Law School
- Le déposant et le coût d'une marque (190 € pour une classe, 40 € par classe supplémentaire) INPI, 5 décembre 2024
- La plainte en ligne pour les arnaques sur internet (THESEE) Ministère de l'Intérieur
- Portail officiel de signalement des contenus illicites de l'internet (Pharos) Ministère de l'Intérieur
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un conseil adapté à votre situation. OFM Legal n'est pas un cabinet d'avocats : les actions en justice sont portées par nos avocats partenaires.








