
- Une fuite de contenus OnlyFans ou MYM se traite dans les 24 heures : captures horodatées avec l'URL, liste des adresses, constat de commissaire de justice si le dossier est important. Prouvez d'abord, faites retirer ensuite.
- Le retrait passe par une notification à l'hébergeur ou à la plateforme, encadrée par l'article 16 du règlement européen sur les services numériques (DSA) ; pour un hébergeur américain, par la notification DMCA (17 U.S.C. § 512) ; pour les résultats de recherche, par le formulaire de retrait de Google.
- Diffuser un contenu à caractère sexuel sans l'accord de la personne est un délit puni de 2 ans d'emprisonnement et 60 000 € d'amende (article 226-2-1 du Code pénal), même si le contenu a été obtenu avec son consentement ; le deepfake sexuel relève de l'article 226-8-1 et la contrefaçon de vos contenus de l'article L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle.
- Le président du tribunal judiciaire peut ordonner en urgence toute mesure propre à faire cesser le dommage (article 6-3 de la LCEN, procédure accélérée au fond), sur le fondement notamment de l'article 9 du Code civil, avec nos avocats partenaires.
- Avant la fuite : filigrane propre à chaque abonné, preuve d'antériorité de vos contenus, procédure prête.
Textes et chiffres vérifiés au 2 septembre 2026. Les sources sont citées en fin d'article.
Un leak OnlyFans, que faire ? La question arrive presque toujours de la même façon : un fan, une amie ou une alerte Google signale que vos contenus circulent sur un site de « leaks », un forum ou un canal Telegram. On a d'abord envie de tout faire supprimer, ou au contraire de ne rien faire. Les deux réflexes sont mauvais. Une fuite de contenus OnlyFans ou MYM se gère comme un dossier : des preuves, des demandes de retrait, une plainte et, si nécessaire, un juge. Dans cet ordre, et vite.
Leak OnlyFans : les premières 24 heures servent à figer la preuve
Tout ce que vous ferez ensuite repose sur ce que vous conservez maintenant. Pour chaque site, prenez des captures d'écran complètes, avec l'URL visible, la date et l'heure, et le nombre de vues si le site l'affiche. Notez chaque adresse dans un tableau, avec la date de découverte et, si vous l'identifiez, l'hébergeur du site. Conservez les messages qui vous ont alertée et, si un fan identifiable est à l'origine de la fuite (contenu envoyé en message privé, filigrane nominatif), gardez son pseudo, ses paiements et l'historique de la conversation.
Si le dossier est important (nombreux sites, contenus identifiants, chantage), faites établir un constat par un commissaire de justice : il fige la preuve avec une force qu'une capture personnelle n'a pas, et il sera demandé par le juge comme par certaines plateformes. Ne demandez pas encore le retrait à ce stade : un contenu retiré avant d'être constaté est un contenu que vous ne pourrez plus prouver.
Faire retirer : la notification aux hébergeurs et aux plateformes
Le retrait repose sur un mécanisme simple : un hébergeur n'est pas responsable de ce que ses utilisateurs publient tant qu'il n'en a pas connaissance, mais il doit agir promptement dès qu'il est notifié. Depuis le règlement européen sur les services numériques (DSA, règlement (UE) 2022/2065) et la loi SREN du 21 mai 2024, ce régime ne se trouve plus à l'ancien article 6-I-5 de la loi pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN), qui a été supprimé : la notification suit désormais l'article 16 du règlement, et la responsabilité de l'hébergeur son article 6. La LCEN conserve, elle, la voie judiciaire d'urgence de son article 6-3, décrite plus bas.
Une notification conforme à l'article 16 contient quatre éléments : l'explication des raisons pour lesquelles le contenu est illicite (ici, diffusion d'un contenu à caractère sexuel sans votre accord, atteinte à votre droit à l'image, contrefaçon de vos contenus), l'emplacement exact du contenu (les URL), votre nom et votre adresse e-mail, et une déclaration de bonne foi. Une notification suffisamment précise et étayée vaut connaissance effective : l'hébergeur qui n'agit pas engage sa responsabilité. Adressez-la au point de contact que tout hébergeur doit publier, et conservez l'accusé de réception.
Les plateformes elles-mêmes, OnlyFans, MYM, Fansly, Fanvue, ainsi que les réseaux sociaux et les messageries, ont des formulaires de signalement ; utilisez-les en parallèle pour les comptes qui republient vos contenus ou usurpent votre identité. Notez les dates d'envoi et de réponse : ce calendrier servira devant le juge si le retrait n'a pas lieu.
Les hébergeurs américains : la notification DMCA
Une grande partie des sites de leaks est hébergée aux États-Unis, ou chez des prestataires américains. Le droit applicable y est le Digital Millennium Copyright Act : la section 512 du titre 17 du Code des États-Unis protège l'hébergeur qui retire promptement un contenu après réception d'une notification conforme. Celle-ci doit comporter votre signature, l'identification de l'œuvre (vos contenus, dont vous êtes l'auteure), l'identification et la localisation du contenu contrefaisant, vos coordonnées, une déclaration de bonne foi et une déclaration d'exactitude sous peine de parjure.
Le Copyright Office américain tient un annuaire public des agents désignés par les hébergeurs pour recevoir ces notifications ; c'est là que vous trouverez l'adresse à utiliser quand le site ne l'affiche pas. Le DMCA est efficace parce qu'il repose sur le droit d'auteur, que vous détenez sur vos photos et vidéos ; les hébergeurs américains traitent beaucoup moins bien l'atteinte à la vie privée. Il a une limite : l'auteur de la publication peut adresser une contre-notification, et le contenu peut être rétabli si vous n'agissez pas en justice. Tenez là aussi le calendrier des envois.
Déréférencer : le formulaire de retrait de Google
Faire disparaître un contenu des résultats de recherche ne le supprime pas du site, mais réduit fortement sa visibilité pendant que le retrait à la source suit son cours. Google propose un formulaire dédié aux images intimes ou explicites publiées sans consentement : la demande est recevable si les images vous montrent nue ou dans une situation intime, si vous n'avez pas consenti à leur publication et si vous ne tirez pas actuellement de revenus de leur commercialisation à cet endroit. Google précise lui-même que le retrait ne concerne que ses résultats et que les images restent présentes sur le site qui héberge le contenu : il faut donc mener les deux démarches de front.
Aucun prestataire n'est nécessaire pour ces démarches. Des sociétés proposent des services de retrait automatisés ; nous n'en recommandons aucune. Si vous en envisagez une, lisez ce qu'elle fait réellement, ce qu'elle facture et à quels comptes elle demande l'accès avant de signer quoi que ce soit.
Faire payer : la plainte pénale
Le retrait fait cesser le dommage ; la plainte fait payer son auteur et, souvent, accélère le retrait. Trois infractions couvrent la plupart des fuites. L'article 226-2-1 du Code pénal punit de deux ans d'emprisonnement et de 60 000 € d'amende le fait de diffuser, sans l'accord de la personne, un enregistrement ou un document présentant un caractère sexuel, même lorsqu'il a été obtenu avec son consentement : un contenu vendu à un abonné puis republié entre exactement dans ce cadre. L'article 226-8-1 vise les deepfakes à caractère sexuel : deux ans et 60 000 €, portés à trois ans et 75 000 € lorsque la diffusion a lieu en ligne. Et l'article L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle punit la contrefaçon de vos contenus, dont vous êtes l'auteure, de trois ans d'emprisonnement et de 300 000 € d'amende.
La plainte se dépose au commissariat ou à la gendarmerie, ou par courrier au procureur de la République. Les contenus publics illicites peuvent aussi être signalés sur Pharos, le portail du ministère de l'Intérieur, mais un signalement n'est pas une plainte et n'ouvre pas de droits pour la victime. La plainte, elle, sert à identifier l'auteur derrière un pseudo, à saisir ses appareils et à obtenir réparation. Sa rédaction et son suivi, y compris la constitution de partie civile, sont assurés par nos avocats partenaires ; OFM Legal prépare le dossier de preuves et la chronologie.
Le juge en urgence : l'article 6-3 de la LCEN et l'article 9 du Code civil
Quand un hébergeur ne répond pas, quand un site refuse le retrait ou quand la fuite se propage plus vite que les notifications, reste la voie judiciaire, qui est rapide. L'article 6-3 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 (LCEN), ancien article 6-I-8, permet au président du tribunal judiciaire, statuant selon la procédure accélérée au fond, de prescrire à toute personne susceptible d'y contribuer toutes mesures propres à prévenir un dommage ou à faire cesser un dommage occasionné par le contenu d'un service de communication au public en ligne : retrait, blocage, déréférencement, communication des données permettant d'identifier l'auteur. Cette procédure vise à faire cesser le dommage ; la réparation relève d'une action distincte contre l'auteur, qui peut être menée en parallèle.
L'action s'appuie sur l'article 9 du Code civil, qui garantit à chacun le droit au respect de sa vie privée et permet au juge de prescrire toutes mesures propres à empêcher ou faire cesser une atteinte à l'intimité de la vie privée, y compris en référé. Le droit à l'image, que nous détaillons dans notre article sur les clauses du contrat d'agence, se combine avec le droit d'auteur : vous êtes à la fois la personne représentée et l'auteure. Ces procédures sont portées par nos avocats partenaires ; elles supposent un dossier de preuves déjà constitué.
Prévenir la prochaine fuite
On ne peut pas empêcher une capture d'écran, mais on peut limiter le dommage et réagir plus vite. Un filigrane, visible ou non, propre à chaque abonné ou à chaque envoi, désigne la source d'une fuite et fonde la plainte contre un fan précis. Une preuve d'antériorité de vos contenus (dépôt horodaté, archive datée, envoi à vous-même par recommandé électronique) simplifie la démonstration de votre droit d'auteur face à un hébergeur ou à un juge. Et une procédure prête (modèles de notification DSA et DMCA, liste des formulaires de plateformes, contact d'un commissaire de justice) vous évite de tout chercher le jour où la fuite arrive.
Si une agence gère votre compte, le contrat doit préciser qui réagit en cas de fuite, avec quels moyens et dans quel délai, et qui détient les preuves d'antériorité. Une agence qui ne sait pas répondre à cette question n'a jamais géré de fuite, ou n'a jamais réagi. Sur ce point comme sur les autres, notre guide pour vérifier une agence avant de signer donne les questions à poser, et le premier échange avec nous est offert, quinze minutes, réponse sous 24 heures, via la page créatrices et créateurs.
Questions fréquentes
Mes contenus OnlyFans ont fuité : que faire en premier ?
Comment faire retirer un contenu OnlyFans volé d'un site de leaks ?
Quelle peine pour la diffusion de contenus OnlyFans sans consentement ?
Faut-il passer par un service de retrait de contenus ?
Une agence doit-elle gérer les fuites à ma place ?
Sources et textes cités
- Règlement (UE) 2022/2065 du 19 octobre 2022 relatif à un marché unique des services numériques (DSA), articles 6 et 16 EUR-Lex
- Article 6-3 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique (procédure accélérée au fond devant le président du tribunal judiciaire) Légifrance
- Loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 visant à sécuriser et à réguler l'espace numérique (SREN) Légifrance, JORF
- 17 U.S. Code § 512, Limitations on liability relating to material online (DMCA, notification of claimed infringement) Office of the Law Revision Counsel, U.S. House of Representatives
- Get help removing explicit or intimate personal images from Google Search Google Search Help
- Article 226-2-1 du Code pénal (diffusion d'un contenu à caractère sexuel sans le consentement de la personne) Légifrance
- Article 226-8-1 du Code pénal (deepfake à caractère sexuel) Légifrance
- Article L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle (contrefaçon : trois ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende) Légifrance
- Article 9 du Code civil (droit au respect de la vie privée, mesures pour faire cesser l'atteinte) Légifrance
- Portail officiel de signalement des contenus illicites de l'internet (Pharos) Ministère de l'Intérieur
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un conseil adapté à votre situation. OFM Legal n'est pas un cabinet d'avocats : les actions en justice sont portées par nos avocats partenaires.








