
- Diffuser sans votre accord une image ou une vidéo intime est un délit puni de 2 ans d'emprisonnement et 60 000 € d'amende (article 226-2-1 du Code pénal), même si vous l'aviez prise ou envoyée vous-même.
- Ce délit ne peut être poursuivi que sur plainte de la victime (article 226-6) : un signalement sur Pharos ou à une plateforme ne suffit pas.
- Le retrait se mène en parallèle : formulaires des plateformes, formulaire de Google pour les images intimes et StopNCII, qui bloque les copies chez les plateformes partenaires sans que l'image quitte votre téléphone.
- Menacer de diffuser est aussi puni : le chantage au moyen d'images sexuelles en ligne est passible de 7 ans d'emprisonnement et 100 000 € d'amende (article 312-10).
- Vous pouvez obtenir des dommages-intérêts en vous constituant partie civile. Pour être accompagnée, appelez le 3919, le 116 006 ou le 3018.
Textes et chiffres vérifiés au 16 septembre 2026. Les sources sont citées en fin d'article.
Le revenge porn, ou « porno vengeur », désigne la diffusion d'une photo ou d'une vidéo intime sans l'accord de la personne qui y figure. En France, c'est un délit puni de deux ans d'emprisonnement et de 60 000 € d'amende par l'article 226-2-1 du Code pénal, y compris quand l'image a été prise avec votre accord ou envoyée par vous-même. Les textes généraux laissent de côté une situation : celle d'une créatrice dont le métier est aussi de vendre des contenus. Nous en tenons compte à chaque étape, des preuves à la réparation.
Revenge porn, leak ou deepfake : de quoi parle-t-on ?
Trois situations se ressemblent et se traitent différemment. Les distinguer fait gagner du temps : les outils de retrait ne sont pas les mêmes.
| Situation | Exemple | Texte principal | Outils de retrait |
|---|---|---|---|
| Diffusion d'images intimes sans consentement (revenge porn) | Photos échangées dans un couple, vidéo privée, contenus bruts jamais publiés confiés à un manager | Article 226-2-1 du Code pénal | Signalement « contenu intime non consenti », formulaire Google, StopNCII, plainte |
| Leak de contenus payants | Contenus vendus sur OnlyFans ou MYM, republiés sur un site de leaks | Droit d'auteur, et selon les cas article 226-2-1 | Notification à l'hébergeur, DMCA, plainte |
| Deepfake à caractère sexuel | Montage ou image générée par intelligence artificielle | Article 226-8-1 du Code pénal | Signalement, formulaire Google dédié aux fausses images, StopNCII, plainte |
Ce guide traite la première situation : des images privées, qui n'étaient pas destinées au public, et qu'une personne a diffusées, montrées ou menace de diffuser. Pour des contenus que vous avez vendus et qui circulent sur des sites pirates, notre guide leak de contenus : que faire ? détaille la procédure, fondée d'abord sur votre droit d'auteur. Les deepfakes relèvent d'un texte distinct, l'article 226-8-1, avec ses propres démarches. La frontière n'est pas étanche : une même personne peut diffuser à la fois des contenus payants et des images privées, et les démarches se cumulent alors.
Que dit la loi sur le revenge porn ?
L'article 226-2-1 du Code pénal, créé par la loi pour une République numérique du 7 octobre 2016, contient deux règles.
La première vise la captation à votre insu : si quelqu'un vous a filmée ou photographiée sans votre consentement (article 226-1), ou conserve et diffuse ces images (article 226-2), les peines sont portées à deux ans d'emprisonnement et 60 000 € d'amende lorsque les images ont un caractère sexuel, qu'elles aient été prises dans un lieu public ou privé.
La seconde est le cœur du revenge porn : est puni des mêmes peines le fait, en l'absence d'accord de la personne pour la diffusion, de porter à la connaissance du public ou d'un tiers un enregistrement ou une image à caractère sexuel, obtenu avec son consentement ou pris par elle-même. Trois conséquences pratiques en découlent :
- Avoir accepté d'être filmée, ou avoir envoyé un selfie intime, ne vaut jamais accord pour la diffusion. Ce sont deux consentements distincts.
- Il n'est pas nécessaire que l'image soit publiée sur internet : l'envoyer à une seule personne, un ami, un groupe de discussion, votre nouveau compagnon, suffit.
- Ce délit ne peut être poursuivi que sur plainte de la victime (article 226-6 du Code pénal). Sans plainte, le parquet ne peut pas agir, même s'il est informé.
D'autres infractions s'ajoutent souvent :
| Comportement | Texte | Peine maximale |
|---|---|---|
| Diffuser une image intime sans accord | Art. 226-2-1 C. pén. | 2 ans et 60 000 € |
| Menacer de diffuser pour obtenir de l'argent, des images ou un engagement, en ligne et au moyen d'images sexuelles | Art. 312-10 C. pén. (chantage) | 7 ans et 100 000 € |
| Harcèlement répété par un ex-conjoint, ex-concubin ou ex-partenaire de PACS | Art. 222-33-2-1 C. pén. | 3 ans et 45 000 € (davantage selon l'incapacité de travail) |
| Images d'une personne mineure au moment des faits | Art. 227-23 C. pén. | Infraction distincte, plus sévèrement punie |
Le tribunal peut en outre ordonner, à titre de peine complémentaire, la suspension pour six mois au plus des comptes en ligne utilisés pour commettre l'infraction (article 131-35-1 du Code pénal). Le délai pour porter plainte est de six ans à compter des faits, comme pour tous les délits. N'attendez pas pour autant : chaque semaine compte pour le retrait.
Ex, fan, ancien manager, agence : qui peut être poursuivi ?
La loi ne fait pas de différence selon l'auteur : toute personne qui diffuse sans votre accord commet le délit, et celles qui transfèrent l'image à leur tour peuvent aussi être visées par la plainte.
Un ex. C'est le cas le plus fréquent, souvent au moment d'une rupture, avec des menaces qui précèdent la publication. Les messages de menace sont des preuves précieuses : ils établissent l'intention et, s'il y a demande d'argent ou d'images, le chantage. Si le harcèlement se répète, l'article 222-33-2-1 s'applique aussi à un ancien conjoint, concubin ou partenaire de PACS.
Un fan. Un abonné avec qui la relation est sortie du cadre de la plateforme, à qui vous avez envoyé des images privées hors de toute vente, ne peut pas les diffuser. Si les images avaient été vendues comme contenu payant (un custom, par exemple), on bascule vers le leak, avec les outils du droit d'auteur, mais le délit de l'article 226-2-1 peut rester applicable.
Un ancien manager ou une agence. C'est le cas que nous voyons le plus souvent dans notre pratique, et le moins connu. Une agence a eu accès à vos fichiers bruts, à des contenus non publiés, parfois à votre téléphone ou à votre cloud. Au moment où vous partez, certains conservent ces fichiers, les montrent à d'autres, ou menacent de les diffuser pour vous retenir ou obtenir une somme. Conserver des fichiers au-delà du contrat pose une question contractuelle ; les montrer ou les envoyer à un tiers sans votre accord relève du pénal ; menacer de le faire pour obtenir quelque chose est un chantage. Notre guide pour quitter son agence OnlyFans explique comment récupérer vos accès et vos fichiers, et les clauses du contrat d'agence montrent comment prévoir leur restitution et leur destruction dès la signature.
Quelles preuves réunir avant tout ?
Le réflexe est de tout faire supprimer immédiatement. Faites d'abord l'inverse : un contenu retiré avant d'être constaté est un contenu que vous ne pourrez plus prouver.
- Capturez chaque publication en entier, avec l'URL visible, la date, l'heure et le nom du compte qui publie. Enregistrez la page en PDF quand c'est possible.
- Listez les adresses dans un tableau : lien, site ou application, date de découverte, contenu concerné.
- Conservez les messages de l'auteur (menaces, demandes d'argent, aveux) et les échanges qui montrent que vous n'avez jamais accepté la diffusion. Ne les supprimez pas, même s'ils sont pénibles à garder.
- Rassemblez ce qui identifie l'auteur : pseudonymes, numéros, adresses e-mail, lien avec vous (relation, contrat d'agence, historique d'abonné).
- Faites établir un constat par un commissaire de justice si la diffusion est large ou si une procédure judiciaire est probable : il a une force probante qu'une capture personnelle n'a pas.
Deux erreurs coûtent cher. Répondre à l'auteur sous le coup de la colère, ou lui payer ce qu'il demande : le paiement n'arrête presque jamais la menace. Et laisser vos comptes ouverts : changez vos mots de passe, activez la double authentification et vérifiez les appareils connectés à votre cloud, surtout si un ancien manager y avait accès.
Comment faire retirer les images ?
Le retrait se mène en parallèle de la plainte, pas après. Quatre voies se complètent.
La plateforme qui héberge l'image. Réseaux sociaux, messageries, sites pour adultes et plateformes de créateurs ont tous un formulaire de signalement ; choisissez la catégorie « contenu intime ou sexuel partagé sans consentement », plus rapide que les signalements généraux. Pour un site qui ne répond pas, la notification à l'hébergeur prévue par le règlement européen sur les services numériques, décrite dans notre guide sur les leaks, s'applique de la même façon.
Google. Google propose un formulaire dédié aux images intimes ou explicites publiées sans consentement. La demande est recevable si vous n'avez pas consenti à l'image ou à l'acte, ou si vous y avez consenti mais que le contenu n'est pas commercialisé en ligne. Pour des images privées, c'est votre cas. Google cherche aussi à retirer les doublons, mais il ne supprime que ses résultats : l'image reste sur le site tant que l'hébergeur ne l'a pas retirée.
StopNCII. Cet outil gratuit, géré par la Revenge Porn Helpline britannique, crée sur votre téléphone une empreinte numérique de l'image ; seule l'empreinte est transmise, jamais l'image. Les plateformes partenaires l'utilisent pour détecter et bloquer les publications identiques : Facebook, Instagram et Threads, TikTok, Reddit, Snap, X, Bluesky, Pornhub, OnlyFans, Patreon, et Microsoft pour son moteur Bing. Conditions : être majeure au moment où l'image a été prise, être la personne représentée et avoir l'image en votre possession. L'outil fonctionne aussi à titre préventif, quand quelqu'un menace de publier.
Les signalements publics. Pharos (internet-signalement.gouv.fr) reçoit les signalements de contenus illicites, mais un signalement n'est pas une plainte et Pharos ne vous recontactera pas. Le 3018, signaleur de confiance auprès des plateformes, obtient souvent des retraits en quelques heures, en priorité pour les jeunes victimes.
Comment porter plainte pour revenge porn ?
La plainte est indispensable : sans elle, l'auteur ne sera pas poursuivi pour ce délit. Vous pouvez la déposer :
- au commissariat ou à la gendarmerie de votre choix, qui ont l'obligation de l'enregistrer, même si les faits ne relèvent pas de leur secteur ;
- par courrier au procureur de la République du tribunal judiciaire du lieu des faits ou du domicile de l'auteur.
La plainte en ligne n'est ouverte que pour certaines infractions ; pour la diffusion d'images intimes, déposez-la sur place ou par courrier. Apportez les captures, la liste des liens, les messages et le constat s'il existe, et demandez le récépissé. Précisez si l'auteur est un ancien conjoint ou partenaire, s'il vous menace et s'il a réclamé de l'argent : ces éléments changent la qualification.
Si la plainte est classée sans suite ou n'avance pas, une plainte avec constitution de partie civile devant le juge d'instruction permet de relancer l'affaire. Faites-vous accompagner par un avocat, en particulier quand l'auteur est anonyme : seule l'enquête permet d'obtenir des plateformes les données qui l'identifient. OFM Legal prépare le dossier de preuves et la chronologie ; la plainte et la procédure sont conduites par nos avocats partenaires.
Quels dommages-intérêts pouvez-vous obtenir ?
La réparation se demande de deux façons. Il faut choisir : la victime qui a d'abord porté sa demande de dommages-intérêts devant le juge civil ne peut plus, en principe, la porter devant le juge pénal (article 5 du Code de procédure pénale), et l'on n'est jamais indemnisée deux fois.
Devant le juge pénal, en vous constituant partie civile : le tribunal qui condamne l'auteur statue aussi sur vos dommages-intérêts. C'est la voie la plus simple quand une plainte est en cours.
Devant le juge civil, sur le fondement de l'article 9 du Code civil, qui protège la vie privée et permet au juge d'ordonner, en référé s'il y a urgence, toute mesure propre à faire cesser l'atteinte. Le juge peut aussi ordonner aux hébergeurs et autres intermédiaires les mesures propres à faire cesser le dommage causé par un contenu en ligne, comme son retrait.
Il n'existe aucun barème. Le juge évalue chaque poste sur pièces :
| Préjudice | Ce qui le prouve |
|---|---|
| Préjudice moral | Attestations, certificats médicaux, suivi psychologique |
| Frais de retrait et de procédure | Factures de commissaire de justice, de prestataires, honoraires |
| Frais de soins | Factures, prescriptions |
| Perte de revenus | Relevés de plateforme avant et après les faits, désabonnements, contrats perdus |
Pour une créatrice, la perte de revenus se démontre avec les relevés OnlyFans ou MYM : gardez-les dès maintenant. Un avocat chiffre la demande ; nous l'aidons à rassembler les pièces.
Qui appeler, et par où commencer ?
Vous n'avez pas à gérer cela seule. Ces services sont gratuits :
- 17 (ou le 112) : en cas de danger immédiat ou de menace sérieuse.
- 3919 : Violences Femmes Info, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, gratuit et anonyme, notamment si l'auteur est un conjoint ou un ex.
- 116 006 : France Victimes, numéro national d'aide aux victimes, 7 jours sur 7, pour toutes les victimes.
- 3018 : violences numériques, de 9 h à 23 h, 7 jours sur 7, surtout pour les jeunes ; signaleur de confiance auprès des plateformes.
- Pharos : internet-signalement.gouv.fr, pour signaler un contenu public.
L'ordre qui fonctionne : les preuves le jour même, les signalements et StopNCII dans la foulée, la plainte dans la semaine, puis la réparation. Si l'auteur est une agence ou un ancien manager, le premier échange avec nous est offert, quinze minutes, réponse sous 24 heures, via la page créatrices et créateurs.
Questions fréquentes
Le revenge porn est-il puni par la loi en France ?
Comment porter plainte pour revenge porn ?
Comment faire supprimer une photo intime publiée sans mon accord ?
Mon ex menace de publier mes photos intimes : que faire ?
Je suis créatrice de contenu adulte : suis-je protégée contre le revenge porn ?
Quels dommages-intérêts peut-on obtenir ?
Sources et textes cités
- Article 226-2-1 du Code pénal (diffusion d'un contenu à caractère sexuel sans l'accord de la personne) Légifrance ; texte vérifié dans l'édition du Code pénal à jour au 26 août 2026
- Porter plainte : commissariat, gendarmerie ou courrier au procureur Service-Public.fr, Direction de l'information légale et administrative
- Cyberharcèlement (harcèlement sur internet) : 3018, 116 006, Pharos Service-Public.fr
- Portail officiel de signalement des contenus illicites de l'internet (Pharos) Ministère de l'Intérieur
- Arrêtons les violences : 3919, 17 Gouvernement, ministère chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes
- StopNCII : partenaires qui utilisent les empreintes (Meta, TikTok, Reddit, OnlyFans, Microsoft Bing, etc.) StopNCII.org, Revenge Porn Helpline (SWGfL)
- Supprimer de la recherche Google des images intimes ou explicites non consenties Aide Google Search
- 3018, numéro national contre le cyberharcèlement et les violences numériques Association e-Enfance
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un conseil adapté à votre situation. OFM Legal n'est pas un cabinet d'avocats : les actions en justice sont portées par nos avocats partenaires.








