
- Le chargeback, ou rétrofacturation, annule un paiement par carte : le client l'obtient de sa propre banque, qui reprend la somme au commerçant.
- Les conditions générales d'OnlyFans autorisent la plateforme à déduire du solde du créateur sa part d'un paiement remboursé ou contesté.
- On parle de friendly fraud quand le fan conteste un achat qu'il a bien fait ; OnlyFans interdit ces contestations injustifiées et peut supprimer son compte.
- En France, un paiement non autorisé se conteste dans les 13 mois suivant le débit (article L. 133-24 du Code monétaire et financier), une procédure à laquelle le créateur n'est pas partie.
Textes et chiffres vérifiés au 12 septembre 2026. Les sources sont citées en fin d'article.
Un chargeback, ou rétrofacturation, est l'annulation d'un paiement par carte à la demande de son titulaire, obtenue auprès de sa propre banque et non du vendeur. La banque recrédite son client et reprend la somme au commerçant. Sur OnlyFans ou MYM, c'est le fan qui conteste, mais c'est le créateur qui voit son solde baisser.
Origine et sens
Le mot vient de l'anglais bancaire to charge back, reporter la charge sur quelqu'un d'autre. Le mécanisme appartient aux réseaux de cartes (Visa, Mastercard) : la banque du porteur ouvre un litige, la banque du commerçant le transmet, le commerçant peut répondre avec ses preuves et le réseau tranche selon ses propres règles et délais.
Le même mot couvre deux situations. Le paiement que le porteur n'a pas autorisé (carte volée, compte piraté) ouvre un droit légal au remboursement. Le paiement autorisé que le client conteste parce qu'il se dit insatisfait ou non livré relève, lui, des règles des réseaux de cartes.
Sur OnlyFans et MYM
Le fan ne paie pas le créateur : il paie la plateforme, qui est le commerçant aux yeux de sa banque. Elle reçoit la contestation, choisit de la défendre ou non, puis en répercute l'effet. Les conditions générales d'OnlyFans le disent sans détour : si un fan obtient un remboursement ou un chargeback, la plateforme peut déduire un montant égal à la part du créateur sur la somme remboursée. La déduction peut arriver des semaines après la vente, sur un solde déjà en partie viré. C'est l'une des raisons pour lesquelles les gains ne sont pas disponibles tout de suite (voir le calendrier des payouts).
Le cas le plus fréquent porte un nom : le friendly fraud, ou fraude « amicale ». Le fan a bien acheté l'abonnement ou le contenu PPV, puis déclare à sa banque ne pas reconnaître l'opération : par regret, parce qu'un conjoint a découvert le relevé, ou simplement pour récupérer l'argent. OnlyFans interdit aux fans les demandes de remboursement et de chargeback injustifiées, et se réserve de suspendre ou de supprimer le compte de celui qui agit de mauvaise foi. Le contrat type entre fan et créateur prévoit aussi que le fan ne lance un chargeback que s'il conteste de bonne foi.
Ce que dit la loi
En France, le titulaire d'une carte doit signaler sans tarder une opération qu'il n'a pas autorisée, et au plus tard dans les treize mois suivant le débit (article L. 133-24 du Code monétaire et financier). Sa banque le rembourse au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant, sauf si elle a de bonnes raisons de soupçonner une fraude de sa part et les communique par écrit à la Banque de France (article L. 133-18). C'est à la banque de prouver que l'opération a été authentifiée (article L. 133-23). Ces règles protègent le porteur face à sa banque : elles ne font pas du créateur une partie au litige.
Le fan qui ment à sa banque pour se faire rembourser un achat réel s'expose d'abord à la fermeture de son compte. Pénalement, l'escroquerie (article 313-1 du Code pénal : cinq ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende) suppose en droit français plus qu'un simple mensonge : des manœuvres frauduleuses. Pour quelques dizaines d'euros, les poursuites sont rares.
Les droits du créateur sont donc contractuels. Il peut demander à la plateforme le détail des sommes déduites (date, montant, opération d'origine) et contester une déduction qui ne correspond à aucune vente identifiable. Quand une agence encaisse ou calcule sa commission, le contrat d'agence doit dire qui supporte les chargebacks : une commission calculée sur le brut, sans régularisation, fait payer à la seule créatrice des ventes qui n'ont jamais été acquises.
Les erreurs à éviter
- Promettre à un fan un contenu qui n'est pas livré, ou pas conforme à sa description : c'est la contestation légitime la plus facile à gagner pour lui.
- Laisser grimper le taux de contestations d'un compte : au-delà d'un certain niveau, il peut entraîner des frais ou la fermeture du compte.
- Répondre à un fan qui a contesté en lui revendant le même contenu, sans vérifier ce que la plateforme a décidé.
- Ne garder aucune trace des échanges de vente : ce sont les seules preuves que la plateforme peut opposer à la banque du fan.
Termes proches
Côté paiements, le split et le payout sont expliqués dans notre lexique OFM. Les chargebacks intéressent aussi la banque, au même titre que le KYC : une activité qui accumule les incidents de paiement est aussi celle dont le compte bancaire risque d'être fermé.
Questions fréquentes
Que veut dire chargeback ?
Un fan peut-il se faire rembourser un achat OnlyFans ?
Le chargeback, c'est légal ?
Sources et textes cités
- Terms of Service (fan payments, refunds and chargebacks) OnlyFans, Fenix International Limited
- Fraude à la carte bancaire : délais de contestation et de remboursement Service-Public.fr, vérifié le 13 février 2026
- Article L. 133-18 du Code monétaire et financier (remboursement d'une opération de paiement non autorisée) Légifrance
- Article L. 133-24 du Code monétaire et financier (délai de contestation de treize mois) Légifrance
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un conseil adapté à votre situation. OFM Legal n'est pas un cabinet d'avocats : les actions en justice sont portées par nos avocats partenaires.








