- Le chiffre d'affaires d'une agence OFM est la commission facturée hors taxes aux créatrices. Les payouts encaissés pour leur compte et la TVA collectée n'en font pas partie.
- Dans l'exemple chiffré de l'article, 20 000 € payés par les fans en un mois laissent 6 400 € hors taxes de commission à l'agence, 3 000 € de résultat après charges, et environ 21 000 € nets par an au dirigeant qui se verse tout en dividendes, après 15 % d'impôt sur les sociétés et 31,4 % de prélèvement forfaitaire.
- À 6 400 € de commission par mois, une agence dépasse le seuil majoré de 41 250 € de la franchise de TVA au cours du septième mois : la TVA est alors due dès ce jour.
- Le président d'une SAS ou d'une SASU est assimilé salarié ; le gérant majoritaire d'une SARL ou d'une EURL est travailleur indépendant, et ses dividendes au-delà de 10 % du capital, des primes d'émission et des comptes courants supportent des cotisations sociales (article L131-6 du Code de la sécurité sociale).
- Un virement de la société vers un compte personnel sans titre est interdit dans une SARL (article L223-21 du Code de commerce) et présumé distribué dans toute société à l'impôt sur les sociétés ; l'usage des biens de la société contre son intérêt est un abus de biens sociaux, puni de 5 ans et 375 000 €.
Textes et chiffres vérifiés au 17 octobre 2026. Les sources sont citées en fin d'article.
La rémunération du dirigeant d'une agence OFM se calcule sur un chiffre plus petit qu'il n'y paraît. Les payouts qui transitent sur un compte ne sont pas des revenus de l'agence, la TVA collectée non plus, et ce qui reste après les chatteurs, les outils et l'impôt sur les sociétés doit encore sortir de la société dans les règles.
La facturation et la tenue des comptes sont traitées dans notre article sur la comptabilité d'une agence OFM. On suit ici l'argent de la commission jusqu'au compte personnel du dirigeant.
Qu'est-ce qui compte comme revenu d'une agence ?
Une seule ligne : la commission, facturée hors taxes à la créatrice. Elle se calcule en général sur le net versé par la plateforme, à un pourcentage couramment compris entre 20 et 50 % (voir notre article sur le métier de manager). Le reste, payouts encaissés pour le compte d'une créatrice, TVA collectée, remboursements, circule sans appartenir à l'agence.
L'exemple suivant est purement illustratif : il n'a pas valeur de moyenne du secteur. Une agence gère des créatrices établies en France, qui versent 20 000 € par mois aux plateformes via leurs fans ; la plateforme retient 20 % ; le split est de 60/40 sur le net.
| Ligne | Montant mensuel | Commentaire |
|---|---|---|
| Paiements des fans | 20 000 € | Hors agence |
| Commission de la plateforme (20 %) | 4 000 € | Payouts des créatrices : 16 000 € |
| Commission de l'agence (40 % du net) | 6 400 € HT | Chiffre d'affaires de l'agence |
| TVA facturée à 20 % | 1 280 € | À reverser, pas un revenu ; 7 680 € TTC facturés |
| Chatteurs, outils, traffic management | 3 400 € | Charges de l'exemple |
| Résultat avant impôt | 3 000 € | 36 000 € par an |
| Impôt sur les sociétés à 15 % | 450 € | Taux réduit sous conditions, jusqu'à 42 500 € de bénéfice |
| Disponible après impôt | 2 550 € | 30 600 € par an |
La base de calcul pèse lourd : le même split de 40 % donne 6 400 € sur le net de 16 000 €, mais 8 000 € s'il portait sur les 20 000 € payés par les fans, et la créatrice ne reçoit alors plus la même somme. Les chatteurs établis à l'étranger, dans l'exemple, facturent hors taxe et l'agence autoliquide leur TVA, opération neutre sur sa trésorerie.
Sur 240 000 € payés par les fans dans l'année, la société garde donc 30 600 € après impôt. Si le dirigeant les sort en dividendes, le prélèvement forfaitaire de 31,4 % (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026) en retire environ 9 600 € : il lui reste près de 21 000 €. L'article sur micro-entreprise ou société refait ce calcul côté créatrice.
Pourquoi la TVA fausse-t-elle la lecture du compte ?
Parce que 7 680 € arrivent sur le compte et que 1 280 € ne sont pas à l'agence. Une agence qui regarde son solde bancaire pour fixer sa rémunération se verse la TVA de l'État, et le découvre à la déclaration suivante.
La franchise en base ne protège pas longtemps. Elle est de 37 500 € de chiffre d'affaires pour les services, avec un seuil majoré de 41 250 € en cours d'année. À 6 400 € de commission par mois, le cumul passe 41 250 € au cours du septième mois, et la TVA est due à compter de ce jour. Le détail des seuils et des règles de lieu de la prestation selon l'établissement de la créatrice figure dans notre article sur la TVA d'OnlyFans et de MYM.
Salaire ou dividendes : que change la forme de la société ?
La forme choisie à la création décide du coût social de chaque euro sorti. Le choix de la société est exposé dans notre guide pour créer une agence OFM.
| SAS ou SASU | SARL ou EURL (gérant majoritaire) | |
|---|---|---|
| Statut social du dirigeant | Président assimilé salarié | Travailleur indépendant |
| Salaire | Déductible du résultat, cotisations du régime général | Rémunération déductible, cotisations d'indépendant |
| Dividendes | Prélèvement forfaitaire de 31,4 % après l'impôt sur les sociétés, sans cotisations | Cotisations sociales sur la fraction supérieure à 10 % du capital, des primes d'émission et des comptes courants ; le reste supporte les prélèvements sociaux |
| Point de vigilance | Le « tout-dividendes » ne donne aucun droit social | Un capital de 1 000 € rend presque tout dividende cotisable |
Dans les deux cas, la rémunération n'est déductible que si elle correspond à un travail effectif et n'est pas excessive eu égard au service rendu (article 39, 1-1° du CGI, BOFiP BOI-IS-BASE-30-20). Un dirigeant qui travaille à plein temps pour l'agence et ne se verse que des dividendes ne pose pas de question de déductibilité, faute de salaire à déduire. Son sujet est social : les dividendes n'ouvrent aucun droit à la retraite ni aux indemnités journalières.
À notre avis, un dosage revu chaque année vaut mieux que l'un ou l'autre en bloc. Le bon niveau dépend du résultat réel, de la trésorerie à conserver pour la TVA et les fournisseurs, et d'un calcul sur les chiffres de la société, pas sur ceux d'une vidéo.
Quelles sorties d'argent faut-il éviter ?
Trois sorties d'argent posent problème, et la deuxième est la plus lourde de conséquences.
La première est le virement sans titre. Une SARL ne peut consentir à son gérant ou à ses associés ni prêt, ni découvert, ni compte courant débiteur, sous peine de nullité (article L223-21 du Code de commerce). Dans toute société à l'impôt sur les sociétés, les avances et prêts consentis à un associé sont présumés distribués, sauf preuve contraire par un acte sincère, antérieur ou concomitant à la remise des fonds, avec intérêts normaux et modalités de remboursement (article 111 a du CGI et BOFiP BOI-RPPM-RCM-10-20-20-20). Un virement d'un compte de société vers un compte personnel, sans écriture ni justificatif, se requalifie donc en distribution.
La deuxième est le paiement de dépenses personnelles par la société. Faire des biens ou du crédit de la société, de mauvaise foi, un usage que l'on sait contraire à son intérêt, à des fins personnelles, est un abus de biens sociaux : cinq ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende pour le gérant de SARL (article L241-3, 4°) comme pour le président de SAS (article L242-6, 3°, applicable par l'article L244-1). Les peines passent à sept ans et 500 000 € lorsque l'abus est réalisé au moyen de comptes ou de contrats ouverts à l'étranger ou par l'interposition de personnes établies à l'étranger. Ce dernier point concerne les agences qui passent par des structures offshore.
La troisième est de mélanger les fonds des créatrices et ceux de l'agence : plus personne ne peut dire ce que le dirigeant s'est versé, ni sur quel fondement.
Les sorties régulières sont connues : salaire, dividendes décidés dans les formes, notes de frais justifiées, remboursement d'un compte courant que le dirigeant a lui-même alimenté en avançant des fonds à la société. Chacune laisse une écriture et une pièce.
À quel moment faire arbitrer la rémunération ?
Avant la première distribution, puis à chaque clôture. La première fixe le canal (salaire, dividendes, mix) et la preuve de chaque virement. La seconde ajuste au résultat réel, à la TVA à payer et aux projets de la société, comme l'embauche de chatteurs ou, un jour, une cession.
Un expert-comptable généraliste connaît le calcul d'une rémunération de dirigeant. Il découvre souvent le métier avec le dossier : une commission calculée sur un net de plateforme, des payouts en dollars, des chatteurs payés à l'étranger, des flux de créatrices à isoler du chiffre d'affaires. OFM Legal travaille dans ce secteur tous les jours, sans être ni cabinet d'expertise comptable ni cabinet d'avocats. Nous orientons le dirigeant vers notre expert-comptable partenaire pour le calcul, vers nos avocats partenaires pour une holding ou une cession, puis nous suivons le dossier.
Questions fréquentes
Combien un dirigeant d'agence OFM peut-il se verser sans risque ?
SASU ou SARL pour une agence OFM : quelle différence pour les dividendes ?
Le chiffre d'affaires de mon agence OFM comprend-il les payouts de mes créatrices ?
Puis-je virer l'argent de l'agence sur mon compte personnel ?
Ma commission d'agence OnlyFans dépasse la franchise de TVA : à partir de quand facturer 20 % ?
Sources et textes cités
- L'impôt sur les sociétés, comment ça marche ? (taux normal 25 %, taux réduit 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice) economie.gouv.fr, mis à jour le 22 avril 2026 ; article 219 du CGI
- Impôt sur le revenu - Revenus d'épargne et de placement - Revenus 2026 (prélèvement forfaitaire unique : 12,8 % + 18,6 %) Service-Public, mis à jour le 15 avril 2026 ; loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025
- Société à responsabilité limitée (SARL) : ce qu'il faut savoir (gérant majoritaire travailleur indépendant) Service-Public Entreprendre
- Article L131-6 du Code de la sécurité sociale (assiette des cotisations des travailleurs indépendants : part des dividendes supérieure à 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant) Légifrance
- BOI-IS-BASE-30-20 : rémunérations des dirigeants (travail effectif, rémunération non excessive eu égard au service rendu) BOFiP, version du 20 décembre 2019 ; article 39, 1-1° du CGI
- BOI-RPPM-RCM-10-20-20-20 : avances, prêts ou acomptes consentis aux associés (présomption de distribution, article 111 a du CGI) BOFiP, version en vigueur depuis le 12 septembre 2012
- Article L223-21 du Code de commerce (SARL : interdiction pour les gérants et associés d'emprunter à la société ou de se faire consentir un découvert, sous peine de nullité) Légifrance
- Article L241-3 du Code de commerce (SARL : abus de biens sociaux, cinq ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende ; sept ans et 500 000 € avec des comptes à l'étranger) Légifrance, version en vigueur depuis le 8 décembre 2013
- Article L242-6 du Code de commerce (abus de biens sociaux, mêmes peines), rendu applicable aux SAS et à leurs dirigeants par l'article L244-1 Légifrance, version en vigueur depuis le 8 décembre 2013
- Franchise en base de TVA : suppression du seuil unique d'exonération à 25 000 € (seuils 2026 : 37 500 € et 41 250 € pour les services) Service-Public Entreprendre, 5 novembre 2025 ; loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un conseil adapté à votre situation. OFM Legal n'est pas un cabinet d'avocats : les actions en justice sont portées par nos avocats partenaires.








