Lexique OFM

Sexting : définition, usage payant sur les plateformes et limites légales.

Sexting, définition : l'échange de messages, photos ou vidéos à caractère sexuel. Sexting payant, consentement, mineurs, sextorsion : ce que dit la loi.

Par Olivier MaciejewskiMis à jour le 12 septembre 20265 min de lecture
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L'essentiel
  • Le sexting désigne l'échange par messagerie de textes, photos ou vidéos sexuels entre personnes qui y consentent.
  • Entre adultes, il est légal ; payant, il devient une activité commerciale, soumise aux règles des plateformes et imposable comme les autres revenus.
  • Avec un mineur, tout est interdit : propositions sexuelles à un mineur de quinze ans (article 227-22-1 du Code pénal), images pornographiques d'un mineur (article 227-23).
  • Le chantage à la diffusion d'images intimes, ou sextorsion, est puni de sept ans d'emprisonnement et 100 000 € d'amende quand il passe par Internet.

Textes et chiffres vérifiés au 12 septembre 2026. Les sources sont citées en fin d'article.

Le sexting est l'échange, par téléphone ou messagerie, de messages, de photos ou de vidéos à caractère sexuel entre personnes qui y consentent. Sur OnlyFans, MYM ou Fansly, le mot désigne aussi une prestation commerciale : des conversations privées payantes entre un créateur et un abonné adulte, facturées au message ou au contenu débloqué.

Origine et sens

Le terme contracte l'anglais sex et texting (envoyer des SMS). Il est apparu dans les années 2000 avec les téléphones équipés d'un appareil photo, pour désigner d'abord une pratique privée, souvent chez les adolescents, ce qui explique qu'il soit si présent dans les campagnes de prévention.

Le mot ne dit rien du cadre, qui change pourtant tout en droit : pratique privée entre adultes, infraction dès qu'un mineur est concerné, activité commerciale quand il est payé sur une plateforme.

Sur OnlyFans et MYM

Le sexting payant est l'une des principales sources de revenus des comptes gérés : la conversation privée sert à vendre des contenus à l'unité (PPV) et des messages payants. Il obéit aux règles de chaque plateforme, qui interdisent notamment tout contenu impliquant un mineur, l'absence de consentement exprès, le partage d'images d'un tiers sans son accord et les rencontres en personne. Ce qu'il rapporte se déclare comme tout revenu d'activité.

La question sensible, dans une agence, est celle de l'auteur des messages. Quand des chatteurs écrivent à la place de la créatrice, elle reste responsable de ce qui est publié sous son nom, et l'agence doit encadrer par contrat ce qui peut être dit ou envoyé (voir le statut et le cadre des chatteurs).

Reste une question de loyauté envers le client : laisser croire au fan qu'il parle personnellement à la créatrice. Aux États-Unis, une action collective engagée en 2024 contre OnlyFans et plusieurs agences reposait sur ce grief ; en mai 2026, le tribunal fédéral de Californie en a écarté l'essentiel, dont toutes les demandes visant l'exploitant de la plateforme. La question n'est pas tranchée en droit français.

Ce que dit la loi

Le consentement. Diffuser une image ou un enregistrement à caractère sexuel sans l'accord de la personne, même si elle l'avait elle-même envoyé, est puni de deux ans d'emprisonnement et 60 000 € d'amende (article 226-2-1 du Code pénal). Un contenu reçu dans une conversation privée n'est pas un contenu que l'on peut republier.

Les mineurs : interdiction absolue. Le fait pour un majeur de faire des propositions sexuelles à un mineur de quinze ans, ou à une personne se présentant comme tel, par un moyen de communication électronique est puni de deux ans et 30 000 €, cinq ans et 75 000 € si une rencontre a suivi (article 227-22-1).

Fixer, enregistrer, transmettre ou détenir l'image pornographique d'un mineur de moins de dix-huit ans est puni de cinq ans et 75 000 €, sept ans et 100 000 € en cas de diffusion en ligne à un public non déterminé (article 227-23).

Solliciter d'un mineur de telles images est puni de sept ans et 100 000 € (article 227-23-1). Le consentement apparent du mineur ou un mensonge sur son âge ne changent rien. Au moindre doute sur l'âge d'un interlocuteur, la conversation s'arrête et le compte est signalé à la plateforme ; un contenu impliquant un mineur se signale sur internet-signalement.gouv.fr (Pharos).

La sextorsion. Obtenir de l'argent ou des images en menaçant de révéler des contenus intimes est un chantage, puni de cinq ans et 75 000 €, et de sept ans et 100 000 € lorsqu'il est commis en ligne au moyen d'images à caractère sexuel ou pour en obtenir (article 312-10 du Code pénal, modifié par la loi SREN du 21 mai 2024).

Les créatrices en sont des cibles fréquentes, tout comme certains fans.

Les erreurs à éviter

  • Payer un maître chanteur : le paiement n'arrête presque jamais la menace et en appelle d'autres.
  • Supprimer la conversation avant d'avoir fait des captures : ce sont les preuves de la plainte.
  • Confier le sexting à une équipe sans consignes écrites sur l'âge, le consentement et les contenus interdits.
  • Republier ailleurs un contenu reçu d'un fan, même anonymisé.

Termes proches

Les contenus diffusés sans autorisation se font retirer par une notification DMCA ou une notification à l'hébergeur ; la marche à suivre complète figure dans notre guide leak de contenus : que faire ?. La question pénale d'ensemble est traitée dans agence OFM et proxénétisme.

Questions fréquentes

Que veut dire sexting ?
Sexting est la contraction de l'anglais sex et texting : envoyer ou recevoir, par téléphone ou messagerie, des messages, photos ou vidéos à caractère sexuel. Le mot désigne aussi, sur les plateformes pour adultes, les conversations privées payantes entre un créateur et un abonné.
Le sexting, c'est légal ?
Entre adultes consentants, oui. Il devient une infraction dès qu'un mineur est concerné, même s'il se dit consentant ou s'il ment sur son âge, ou quand une image intime est diffusée sans l'accord de la personne représentée (article 226-2-1 du Code pénal : deux ans et 60 000 € d'amende).
Que faire en cas de sextorsion ?
Ne pas payer, cesser tout échange, bloquer l'auteur sans supprimer la conversation, faire des captures d'écran et porter plainte. Cybermalveillance.gouv.fr détaille la marche à suivre, le 3018, gratuit et anonyme, accompagne les jeunes victimes, et la plateforme StopNCII permet aux adultes de faire bloquer préventivement la diffusion de leurs images intimes sur les services partenaires.
Olivier Maciejewski, fondateur d'OFM Legal
Votre interlocuteurOlivier MaciejewskiFondateur d'OFM Legal · Ancien avocat d'affaires (HEC Paris, Arendt, Clifford Chance) · Partenaire officiel MYMSon parcours Mis à jour le 12 septembre 2026

Ces informations sont générales et ne remplacent pas un conseil adapté à votre situation. OFM Legal n'est pas un cabinet d'avocats : les actions en justice sont portées par nos avocats partenaires.

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