Lexique OFM

Cam girl : une activité légale entre adultes, qui n'est pas de la prostitution.

Cam girl : personne majeure qui se filme en direct par webcam contre rémunération. Statut légal depuis l'arrêt du 18 mai 2022, fiscalité, cotisations.

Par Olivier MaciejewskiMis à jour le 25 septembre 20264 min de lecture
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L'essentiel
  • Une cam girl, personne majeure, se filme en direct par webcam pour un public en ligne qui la paie ; on parle de camming.
  • La Cour de cassation a jugé le 18 mai 2022 (pourvoi n° 21-82.283) que des actes réalisés à distance devant une caméra, sans contact physique, ne relèvent pas de la prostitution : l'activité est légale entre adultes.
  • Ses revenus sont ceux d'une activité indépendante, imposables sans seuil ; en micro-entreprise, les cotisations atteignent 25,6 % en 2026 pour une activité libérale non réglementée.
  • Une rencontre physique payante, une contrainte, la présence d'un mineur ou une diffusion sans consentement font basculer dans l'infraction.

Textes et chiffres vérifiés au 25 septembre 2026. Les sources sont citées en fin d'article.

Une cam girl (ou camgirl) est une personne majeure qui se filme en direct par webcam, contre rémunération, pour un public en ligne : spectacles, conversations et contenus souvent érotiques ou sexuels, diffusés sur des sites de camming ou des plateformes comme OnlyFans et MYM. L'équivalent masculin est cam boy.

Origine et sens

Le mot contracte webcam et girl ; les dictionnaires anglais le datent du début des années 2000, quand les premiers sites de diffusion en direct se sont développés. Deux formats dominent : le show public, ouvert à tous et rémunéré par des pourboires (souvent en « tokens » achetés sur le site), et le show privé, vendu à un seul client à la minute. Sur OnlyFans ou MYM, le live et le show privé coexistent avec la vente de contenus enregistrés.

Ce que dit la loi

Entre adultes, l'activité est légale. Depuis un arrêt de 1996, la Cour de cassation définit la prostitution comme le fait de se prêter, contre rémunération, à des contacts physiques de quelque nature qu'ils soient afin de satisfaire les besoins sexuels d'autrui. Saisie de la question du camming, la chambre criminelle a jugé le 18 mai 2022 (pourvoi n° 21-82.283) que des actes sexuels réalisés à distance devant une caméra, sur les instructions de clients payants, ne constituent pas de la prostitution faute de contact physique. En l'état du droit, organiser ou gérer une activité de camming entre adultes consentants ne relève donc pas du proxénétisme ; la Cour a précisé qu'il appartient au législateur, et non au juge, d'élargir cette définition. L'analyse complète pour une agence est dans une agence OFM est-elle légale ?

Le Code pénal fixe les limites. Toute présence d'un mineur, à l'image comme dans le public visé, est une interdiction absolue (articles 227-23 et 227-24 du Code pénal) et doit être signalée. Diffuser un enregistrement sans l'accord de la personne filmée est un délit (article 226-2-1). Et une proposition de loi, adoptée par le Sénat le 10 février 2026 et encore en attente à l'Assemblée nationale, veut créer une infraction d'exploitation sexuelle en ligne visant la contrainte et l'abus de vulnérabilité : voir la loi anti-proxénétisme en ligne.

Sur le plan fiscal et social, la cam girl est une indépendante. Les sommes versées par les sites et plateformes sont des revenus d'activité, imposables dès le premier euro. La micro-entreprise est le point de départ : cotisations de 25,6 % du chiffre d'affaires en 2026 pour une activité libérale non réglementée, dans la limite de 83 600 € de recettes. Le détail est dans notre guide pour déclarer ses revenus OnlyFans.

Différence avec la prostitution

Cam girlProstitution
Contact physique avec le clientAucunOui, par définition
Achat par le clientLégalPuni d'une amende de 1 500 € (article 611-1 du Code pénal)
Organiser l'activité ou en tirer profitLégal entre adultes, par contratProxénétisme : sept ans et 150 000 € (article 225-5)

Il suffit d'une rencontre physique payée par un fan pour changer de colonne : le client commet alors une infraction, et quiconque a organisé la rencontre ou prélevé une commission s'expose au proxénétisme.

Les erreurs à éviter

  • Accepter une rencontre payante avec un fan, même « une seule fois ».
  • Faire apparaître une autre personne sans pièce d'identité ni consentement écrit.
  • Travailler pour un studio ou une agence qui impose les contenus, garde les identifiants ou retient les revenus.
  • Ne rien déclarer en pensant que les sites étrangers ne transmettent rien : les plateformes déclarent leurs vendeurs au fisc.

Termes proches

Le sexting et la GFE déclinent le même métier à l'écrit et dans la relation suivie ; la distinction NSFW et SFW règle ce qui peut être montré où. Le simp et le reste du vocabulaire des fans sont dans le lexique OFM.

Questions fréquentes

Que veut dire cam girl ?
Cam girl (ou camgirl, contraction de webcam et girl) désigne une femme majeure qui réalise contre paiement des spectacles en direct par webcam, souvent érotiques ou sexuels, sur des sites spécialisés ou des plateformes comme OnlyFans ou MYM. L'équivalent masculin est cam boy. Le métier est aussi appelé camming ou webcam.
Être cam girl, c'est légal en France ?
Oui, entre adultes consentants. La Cour de cassation a jugé le 18 mai 2022 que le camming n'est pas de la prostitution, parce que la prostitution suppose un contact physique avec le client. L'activité doit en revanche être déclarée comme toute activité indépendante, et elle devient pénale en cas de rencontre physique payante, de contrainte ou de présence d'un mineur.
Quel statut pour une cam girl en France ?
Le point de départ est la micro-entreprise, avec des revenus classés en bénéfices non commerciaux : 25,6 % de cotisations sociales sur le chiffre d'affaires en 2026 pour une activité libérale non réglementée, dans la limite de 83 600 € de recettes annuelles. Au-delà, ou quand les frais sont importants, une société (SASU ou EURL) devient pertinente.
Olivier Maciejewski, fondateur d'OFM Legal
Votre interlocuteurOlivier MaciejewskiFondateur d'OFM Legal · Ancien avocat d'affaires (HEC Paris, Arendt, Clifford Chance) · Partenaire officiel MYMSon parcours Mis à jour le 25 septembre 2026

Ces informations sont générales et ne remplacent pas un conseil adapté à votre situation. OFM Legal n'est pas un cabinet d'avocats : les actions en justice sont portées par nos avocats partenaires.

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