Lexique OFM

Catfish : le faux profil qui trompe, et ce qu'il coûte à son auteur.

Catfish, définition : se faire passer pour quelqu'un d'autre avec un faux profil. Usurpation d'identité (art. 226-4-1 Code pénal), escroquerie.

Par Olivier MaciejewskiMis à jour le 14 septembre 20265 min de lecture
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L'essentiel
  • Le catfish crée un faux profil en ligne, avec le nom ou les photos d'un autre, pour tromper quelqu'un ; la pratique s'appelle le catfishing.
  • Dans l'OFM, le mot vise surtout les faux comptes de créatrices montés avec des photos volées, et par extension les échanges où le fan croit parler à la créatrice.
  • L'usurpation d'identité en ligne est punie d'un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende (article 226-4-1 du Code pénal).
  • Si le faux nom ou la fausse qualité sert à obtenir de l'argent, c'est une escroquerie : cinq ans et 375 000 € (article 313-1).

Textes et chiffres vérifiés au 14 septembre 2026. Les sources sont citées en fin d'article.

Un catfish est une personne qui se crée un faux profil en ligne, avec un autre nom ou d'autres photos, pour tromper quelqu'un : le séduire, lui soutirer de l'argent ou lui nuire. Le catfishing désigne la pratique ; « se faire catfisher », c'est découvrir que son interlocuteur n'existe pas, ou pas sous cette forme.

Origine et sens

Le mot vient du documentaire américain Catfish (2010), dans lequel un jeune homme découvre que la femme dont il est tombé amoureux en ligne n'est pas celle qu'elle prétend être ; le succès du film puis de l'émission de télévision qui l'a suivi a fait entrer le terme dans le vocabulaire courant. En français, on dit simplement faux profil, mais c'est le mot anglais qui circule sur les réseaux sociaux.

Dans l'OFM

Trois situations portent ce nom dans le secteur, avec des conséquences très différentes.

Le faux compte d'une créatrice. Des escrocs reprennent les photos d'une vraie créatrice pour ouvrir de faux profils, sur les réseaux sociaux ou sur d'autres plateformes, et vendre des contenus volés, rediriger vers des arnaques ou demander de l'argent à des fans. La créatrice est ici victime, deux fois : de l'usurpation et du discrédit.

Le profil inventé. Un compte peut présenter une personne qui n'existe pas, par exemple une image générée par intelligence artificielle. OnlyFans exige que tout contenu généré par IA soit clairement signalé comme tel (#ai ou #AIGenerated), et sa politique d'usage interdit les informations trompeuses sur les contenus ou le compte, ainsi que toute image explicite d'une personne sans son consentement, y compris générée artificiellement.

Le chatteur. Quand un chatteur écrit au nom d'une créatrice qui existe et y consent, il n'y a pas d'usurpation au sens pénal. Le fan qui croit parler personnellement à la créatrice peut toutefois s'estimer trompé. Aux États-Unis, des abonnés ont engagé en juillet 2024, devant le tribunal fédéral de Californie, une action collective sur ce fondement contre OnlyFans et plusieurs agences (N.Z. v. Fenix International). En mai 2026, le juge a écarté l'essentiel des demandes, dont toutes celles visant l'exploitant d'OnlyFans ; subsiste notamment, contre des agences, une demande fondée sur une loi fédérale de protection des données (Video Privacy Protection Act), sans jugement au fond. Le contrat type d'OnlyFans fait d'ailleurs reconnaître au fan que des tiers peuvent assister les créateurs dans leurs échanges. Une agence qui organise le travail des chatteurs et le sexting payant doit tenir compte de ce contentieux.

Ce que dit la loi

Se choisir un pseudonyme n'est pas une infraction : la plupart des créatrices travaillent sous un nom de scène. Le faux profil tombe sous le coup de la loi pénale dans trois cas.

  • Il usurpe l'identité d'un tiers, ou utilise des données qui permettent de l'identifier, pour troubler sa tranquillité ou celle d'autrui, ou porter atteinte à son honneur ou à sa considération. C'est l'usurpation d'identité, punie d'un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende, y compris sur Internet (article 226-4-1 du Code pénal).
  • Il sert, par l'usage d'un faux nom ou d'une fausse qualité, à obtenir des fonds : escroquerie, cinq ans et 375 000 € (article 313-1).
  • Il diffuse sans consentement un montage ou un contenu à caractère sexuel généré par IA qui reproduit l'image d'une personne : deux ans et 60 000 €, trois ans et 75 000 € en ligne (article 226-8-1).

Les photos reprises sont aussi protégées par le droit d'auteur de la créatrice et par son droit à l'image (article 9 du Code civil) : leur retrait se demande par notification DMCA ou notification à l'hébergeur.

Les erreurs à éviter

  • Répondre soi-même au faux compte : cela alerte l'auteur, qui change d'identité et efface les traces.
  • Signaler sans preuve : faites d'abord des captures datées du profil, de l'URL et des messages.
  • Promettre au fan, dans la bio ou les messages, une relation personnelle que l'organisation du compte ne permet pas.
  • Oublier que le faux compte sert souvent à récolter des informations : c'est aussi un risque de doxxing.

Termes proches

Pour vérifier qu'une agence ne pratique pas elle-même ces méthodes, voir vérifier une agence avant de signer.

Questions fréquentes

Que veut dire catfish ?
En argot d'Internet, un catfish (littéralement « poisson-chat ») est quelqu'un qui se fait passer pour une autre personne, réelle ou inventée, grâce à un faux profil, souvent pour séduire, soutirer de l'argent ou nuire. Le verbe « se faire catfisher » veut dire être trompé par un tel profil.
Le catfishing est-il illégal ?
Pas toujours en lui-même : se créer un pseudonyme n'est pas une infraction. Il le devient quand le faux profil usurpe l'identité d'une personne réelle pour troubler sa tranquillité ou porter atteinte à son honneur (article 226-4-1 du Code pénal), ou quand il sert à obtenir de l'argent (escroquerie, article 313-1).
Que faire si un faux compte utilise mes photos ?
Faire des captures datées, signaler le compte à la plateforme en tant que personne usurpée, demander le retrait des photos au titre de votre droit d'auteur et de votre droit à l'image, et porter plainte si le compte sert à escroquer ou à nuire. Ne contactez pas vous-même l'auteur.
Olivier Maciejewski, fondateur d'OFM Legal
Votre interlocuteurOlivier MaciejewskiFondateur d'OFM Legal · Ancien avocat d'affaires (HEC Paris, Arendt, Clifford Chance) · Partenaire officiel MYMSon parcours Mis à jour le 14 septembre 2026

Ces informations sont générales et ne remplacent pas un conseil adapté à votre situation. OFM Legal n'est pas un cabinet d'avocats : les actions en justice sont portées par nos avocats partenaires.

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