Lexique OFM

Créateur de contenu : un métier sans statut propre, mais pas sans règles.

Créateur de contenu : définition, différence avec l'influenceur, statut juridique en France (micro-entreprise, société) et loi influenceurs du 9 juin 2023.

Par Olivier MaciejewskiMis à jour le 19 septembre 20264 min de lecture
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L'essentiel
  • Le créateur de contenu publie en ligne vidéos, photos, textes ou lives pour une audience, et en tire des revenus : publicité, abonnements, ventes à l'unité, partenariats.
  • Le droit français ne lui donne aucun statut propre : il exerce en micro-entreprise ou en société, et tous ses revenus sont imposables.
  • S'il fait la promotion rémunérée d'un produit ou d'une marque, il devient influenceur au sens de la loi du 9 juin 2023 : mention « Publicité » ou « Collaboration commerciale », et contrat écrit au-delà de 1 000 € HT par an depuis le 1er janvier 2026.
  • Aucun texte ne fixe sa catégorie fiscale : la vente de ses propres contenus est couramment déclarée en BNC, alors que Bpifrance Création range l'influence parmi les activités commerciales ; faites valider le choix par un expert-comptable.

Textes et chiffres vérifiés au 19 septembre 2026. Les sources sont citées en fin d'article.

Un créateur de contenu, ou une créatrice de contenu, est une personne qui conçoit et publie en ligne des vidéos, photos, textes, podcasts ou lives pour une audience qui la suit, et qui en tire des revenus : publicité, abonnements, ventes à l'unité, partenariats de marque. Le droit français ne lui donne pas de statut propre.

Origine et sens

L'expression traduit l'anglais content creator, popularisé par les plateformes elles-mêmes, qui ont préféré ce terme à celui de « youtubeur » ou d'« instagrameur » pour couvrir tous les formats. Elle recouvre des métiers très différents : vidéaste, streameuse, photographe, podcasteur, créatrice sur OnlyFans ou MYM, créateur UGC qui produit pour les marques. Le mot est volontairement neutre ; c'est la manière de gagner de l'argent qui détermine les règles applicables.

La loi, elle, ne définit que l'influenceur : la personne qui, à titre onéreux, mobilise sa notoriété auprès de son audience pour promouvoir, directement ou indirectement, des biens, des services ou une cause (article 1 de la loi n° 2023-451 du 9 juin 2023). Tout influenceur est un créateur de contenu ; l'inverse n'est pas vrai.

Ce que dit la loi

Faute de statut spécifique, le créateur exerce comme n'importe quel indépendant, en micro-entreprise ou en société. En micro-entreprise, pour une activité libérale non réglementée, les cotisations sont de 25,6 % du chiffre d'affaires en 2026, dans la limite de 83 600 € de recettes ; la franchise de TVA s'applique jusqu'à 37 500 €. Le choix entre micro et société se fait sur les chiffres, comme expliqué dans micro-entreprise ou société.

Aucun texte ne classe expressément ces revenus en BNC ou en BIC. La vente de ses propres contenus sur une plateforme d'abonnement est couramment déclarée en bénéfices non commerciaux (BNC), comme le détaille notre guide pour déclarer ses revenus OnlyFans. L'influence commerciale est, elle, classée parmi les activités commerciales par Bpifrance Création. Un créateur qui cumule les deux doit faire trancher la répartition par son expert-comptable plutôt que de choisir la case la plus favorable.

Dès qu'il fait la promotion d'un produit contre rémunération ou avantage, la loi influenceurs s'applique. Le créateur doit l'indiquer clairement (« Publicité » ou « Collaboration commerciale »), signaler les images retouchées ou générées par intelligence artificielle et respecter les interdictions de promotion prévues par la loi. Depuis le 1er janvier 2026, le contrat avec la marque ou l'agence doit être écrit dès que la rémunération et les avantages en nature dépassent 1 000 € HT par an pour une même opération (décret n° 2025-1137 du 28 novembre 2025).

Depuis DAC7, les plateformes transmettent chaque année au fisc les revenus de leurs vendeurs : l'administration connaît l'activité avant même la déclaration.

Enfin, un enfant de moins de seize ans dont l'image est au cœur de contenus rémunérés relève d'un régime spécifique, issu de la loi du 19 octobre 2020, qui encadre ses revenus. Aucun contenu à caractère sexuel ne peut impliquer un mineur.

Les erreurs à éviter

  • Encaisser des partenariats sans contrat écrit au-delà du seuil de 1 000 € HT.
  • Oublier la mention « Publicité » parce que le produit a été offert et non payé : l'avantage en nature compte.
  • Laisser une agence gérer les revenus sans contrat ni relevés : les clauses à vérifier sont les mêmes pour tous les créateurs.
  • Attendre le premier contrôle pour s'immatriculer.

Termes proches

Le créateur UGC produit pour les marques sans utiliser sa propre audience ; l'e-girl est une figure culturelle de cette économie ; la cam girl en est une déclinaison pour adultes. Côté plateformes, tout créateur finit par croiser le shadowban et le retrait DMCA.

Questions fréquentes

Quelle est la définition d'un créateur de contenu ?
Un créateur ou une créatrice de contenu est une personne qui conçoit et publie régulièrement des contenus en ligne (vidéos, photos, textes, podcasts, lives) sur des réseaux sociaux ou des plateformes, pour une audience qui la suit. Le terme n'a pas de définition légale en France ; la loi définit en revanche l'influenceur, qui fait la promotion de produits ou de services contre rémunération.
Quel statut pour être créateur de contenu ?
Il n'existe pas de statut spécifique. La micro-entreprise est le point de départ le plus courant : pour une activité libérale non réglementée, les cotisations sont de 25,6 % du chiffre d'affaires en 2026, dans la limite de 83 600 € de recettes annuelles. Au-delà, ou lorsque les frais sont importants, une société (SASU ou EURL) permet de déduire les charges réelles.
Créateur de contenu et influenceur, quelle différence ?
Le créateur produit des contenus et peut vivre de leur vente, de la publicité ou des abonnements. Il devient influenceur au sens de la loi du 9 juin 2023 lorsqu'il mobilise sa notoriété, à titre onéreux, pour promouvoir des biens, des services ou une cause : il doit alors signaler l'intention commerciale, respecter les interdictions de promotion et signer un contrat écrit au-delà du seuil de 1 000 € HT.

Sources et textes cités

Olivier Maciejewski, fondateur d'OFM Legal
Votre interlocuteurOlivier MaciejewskiFondateur d'OFM Legal · Ancien avocat d'affaires (HEC Paris, Arendt, Clifford Chance) · Partenaire officiel MYMSon parcours Mis à jour le 19 septembre 2026

Ces informations sont générales et ne remplacent pas un conseil adapté à votre situation. OFM Legal n'est pas un cabinet d'avocats : les actions en justice sont portées par nos avocats partenaires.

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