
- En cinq semaines, OFM Legal était à trois rendez-vous du secteur : l'AWSummit à Bucarest (21-23 septembre), CreatorConX à Ibiza (14-17 octobre) et Venus à Berlin (22-25 octobre 2026).
- À Bucarest, Olivier Maciejewski a présenté les six signaux d'alerte à vérifier avant qu'une agence et une créatrice signent ensemble, à un événement de plus de 2 000 participants.
- À Ibiza, OFM Legal était partenaire officiel de CreatorConX, et la présentation portait sur la manière dont agences et créateurs se protègent, côté impôts et côté contrats.
- À Berlin, invités du salon, nous avons rencontré l'équipe MYM, des agences et des prestataires du secteur pour comprendre leurs besoins.
- Partout, les mêmes sujets : les plateformes qui transmettent les revenus au fisc, les contrats entre agence et créatrice, la banque et les paiements, et la loi française adoptée par l'Assemblée le 13 octobre.
Textes et chiffres vérifiés au 29 octobre 2026. Les sources sont citées en fin d'article.
Entre le 21 septembre et le 25 octobre 2026, l'industrie OFM s'est retrouvée trois fois : à l'AWSummit de Bucarest, à CreatorConX à Ibiza et à Venus Berlin. OFM Legal était aux trois. Olivier Maciejewski a présenté à Bucarest, puis à Ibiza, où nous étions partenaire officiel. À Berlin, nous étions invités, pour écouter plus que pour parler. D'une ville à l'autre, agences, créatrices, plateformes et prestataires nous ont posé à peu près les mêmes questions, et elles disent où en est le secteur.
AWSummit Bucarest : les signaux d'alerte avant de signer
L'AWSummit réunit chaque année à Bucarest les métiers de la monétisation en ligne : annonceurs, affiliés, plateformes, sources de trafic, et de plus en plus de modèles et de créateurs. L'édition 2026, la treizième en Roumanie, s'est tenue du 21 au 23 septembre au Face Convention Center. L'organisateur annonce plus de 2 000 participants, dont 21 % de modèles et de créateurs.

La présentation du 23 septembre, sur la scène Creators, avait pour titre « Red Flags Before Signing with an Agency & How to Protect Yourself ». Elle s'adressait aux deux côtés de la salle, agences et créatrices, avec une conviction : les montages qui tiennent sont ceux où chacun est protégé.
Elle partait de deux erreurs que nous entendons chaque semaine. La première : « l'agence me paie, je ne déclare que ce que je reçois ». Or la plateforme verse l'argent au nom de la créatrice, et c'est ce montant que le fisc reçoit. La commission de l'agence est un coût pour la créatrice, et elle ne compte que si une facture la justifie, dans un régime fiscal qui permet de déduire les frais réels. La seconde : « je vis à l'étranger, personne ne vérifiera ». Les plateformes déclarent les revenus de leurs vendeurs (c'est l'objet de la directive DAC7 dans l'Union européenne), et les administrations fiscales échangent ces informations entre pays. Le contrôle finit par arriver ; seule sa date est inconnue.
Venaient ensuite six signaux d'alerte :
- un contrat copié sur internet ou généré par une IA, qui ne dit pas clairement ce que prend l'agence ni sur quoi ;
- une agence dont on ne connaît ni la société ni le dirigeant ;
- une commission prélevée sans facture ;
- aucune règle écrite sur les accès aux comptes, ou un compte qui n'est pas au nom de la créatrice ;
- aucune règle sur les contenus, l'IA, le stockage et les fuites ;
- aucune limite écrite sur ce que la créatrice accepte de faire, ni preuve de son accord.
Chaque point protège les deux parties. Une créatrice sait quoi vérifier avant de signer, et une agence sait ce qu'un fisc, un juge ou une créatrice bien conseillée regardera un jour. Nos douze clauses à vérifier dans un contrat d'agence reprennent ces points dans le détail.
CreatorConX Ibiza : partenaire officiel, et une présentation sur les procès et le pénal
CreatorConX se présente comme le premier événement B2B réservé aux créateurs en Europe. L'édition d'Ibiza s'est tenue du 14 au 17 octobre 2026, avec environ 400 professionnels selon l'organisateur. OFM Legal y figurait parmi les partenaires officiels, aux côtés de MYM, Fanvue et des principaux outils du secteur.

La présentation du 15 octobre s'intitulait « How to Protect OnlyFans Agencies & Creators From Lawsuits & Criminal Charges ». Dix minutes, construites autour d'une idée : les problèmes viennent de trois côtés, et la personne au milieu, agence ou créatrice, court le même risque.
Côté fisc, chaque année, la plateforme déclare ce qu'elle a versé au nom de la créatrice. Le fisc voit donc le montant brut, pas ce qu'elle garde après la commission de l'agence. Sans contrat ni facture, la différence ne se justifie pas. Notre article sur DAC7 et les plateformes détaille ce mécanisme.
Entre l'agence et la créatrice, le conflit peut partir des deux sens. Une commission que la créatrice ne paie plus. Ou une créatrice qui reproche à son agence un abus, ou des contenus produits sans son accord. Dans les deux cas, la question est la même : qu'est-ce que chacun peut montrer ? Un contrat clair, signé, avec le pourcentage, la durée, la sortie et le consentement écrit, protège les deux.
Reste la loi, qui change vite, et pas seulement en France. Le 13 octobre, l'Assemblée nationale a adopté la loi intégrale par 503 voix pour et aucune contre ; son article 25 vise l'exploitation sexuelle en ligne, fondée sur la contrainte ou l'abus, et le texte n'est pas encore en vigueur. Aux États-Unis, le TAKE IT DOWN Act réprime la diffusion d'images intimes sans consentement, y compris celles fabriquées par IA. Dans l'Union européenne, l'AI Act impose de signaler les contenus générés par intelligence artificielle. Notre point sur OnlyFans, MYM et la loi intégrale suit le texte français étape par étape.
La conclusion tenait en quatre protections : être immatriculé, avoir un contrat qui couvre aussi le consentement, tenir une comptabilité, et suivre l'évolution des textes, ou se faire aider pour le faire.
Venus Berlin : invités, pour écouter le marché
Venus est l'un des grands salons du secteur adulte en Europe : l'édition 2026, du 22 au 25 octobre à Berlin, marquait ses 29 ans. Plateformes, agences, créateurs, studios et prestataires de services s'y retrouvent pendant quatre jours.
Nous n'y avions pas de présentation. Nous y étions invités, et c'était l'occasion de rencontrer l'équipe MYM, partenaire d'OFM Legal, pour avancer sur nos projets communs, puis des agences et des prestataires du secteur. Le but : comprendre ce dont ils ont besoin, plutôt que de leur expliquer ce qu'ils devraient faire.

Ces échanges confirment ce que nous voyons dans nos dossiers. Les agences cherchent des contrats qui tiennent face à une créatrice qui conteste, et une organisation qu'elles peuvent montrer à une banque ou à un contrôleur. Les prestataires (outils de gestion, de paiement ou de protection des contenus) veulent savoir comment s'adapter aux nouvelles règles sans perdre leurs clients.
Les questions qui sont revenues dans les trois villes
D'un événement à l'autre, les mêmes sujets ont occupé les discussions après les présentations et dans les allées.
| Sujet | Ce que l'on nous demande |
|---|---|
| La loi française | L'OFM devient-il illégal ? Que change le vote du 13 octobre pour une agence ? |
| Le fisc | Que voit l'administration, et comment justifier la commission de l'agence ? |
| Les contrats | Que doit prévoir un contrat entre agence et créatrice pour protéger les deux ? |
| La banque et les paiements | Quelle banque accepte ces revenus, et comment recevoir les payouts sans blocage ? |
| L'expatriation | Une société ou une résidence à l'étranger protège-t-elle d'un contrôle en France ? |
Sur la loi française, la réponse courte est non : l'OFM ne devient pas illégal. L'article 25 adopté par l'Assemblée ne fait plus entrer l'activité d'une agence dans le proxénétisme ; il vise celui qui recrute, héberge ou accueille une personne par la contrainte, la tromperie, l'autorité ou l'abus de vulnérabilité, pour lui faire produire des contenus sexuels. Notre article sur ce que change l'article 25 pour les agences détaille la rédaction adoptée et la suite du calendrier.
Sur le reste, le constat est le même dans les trois villes : les acteurs qui dureront sont ceux qui peuvent montrer, pièces à l'appui, comment ils travaillent. Un contrat rédigé pour la relation réelle, des factures, un compte au nom de la créatrice et un consentement écrit valent pour Bucarest, Ibiza et Berlin comme pour Paris.
Questions fréquentes
OFM Legal intervient-il dans les conférences du secteur OFM ?
De quoi parlait la présentation de l'AWSummit ?
Que retenir de la présentation à CreatorConX ?
Pourquoi aller à Venus Berlin sans y intervenir ?
Sources et textes cités
- AWSummit Bucharest 2026 : dates, lieu (Face Convention Center), plus de 2 000 participants, répartition du public AWSummit, page officielle de l'événement
- CreatorConX Ibiza, 14-17 octobre 2026 : « Europe's First Exclusive B2B Creator Event », environ 400 participants CreatorConX, page officielle
- Venus Berlin, 22-25 octobre 2026 Venus Berlin, page officielle
- Directive (UE) 2021/514 du Conseil du 22 mars 2021 (DAC7) : déclaration des revenus des vendeurs par les plateformes EUR-Lex
- Scrutin public n° 8705 sur l'ensemble de la proposition de loi n° 3106 (loi intégrale) : 503 voix pour, 0 contre, 67 abstentions Assemblée nationale, 13 octobre 2026
- TAKE IT DOWN Act (diffusion d'images intimes sans consentement, y compris les hypertrucages) Congrès des États-Unis
- Règlement (UE) 2024/1689 sur l'intelligence artificielle (AI Act), article 50 (transparence des contenus générés) EUR-Lex
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un conseil adapté à votre situation. OFM Legal n'est pas un cabinet d'avocats : les actions en justice sont portées par nos avocats partenaires.








